Zones à faibles émissions : vers une capitale intelligente, propre et durable
VNA•21/05/2026 17:30
Afin de concrétiser ses objectifs en matière de protection de l’environnement et de développement urbain durable, la capital finalise actuellement le projet de "zone à faibles émissions dans le périphérique 1 de Hanoï".
La mise en place de cette zone est considérée comme une mesure stratégique majeure visant non seulement à maîtriser une pollution atmosphérique de plus en plus préoccupante dans le centre-ville, mais aussi à accélérer la transition vers une mobilité verte, dans la perspective de bâtir une capitale intelligente, propre et durable.
Des habitants découvrent le métro aérien à Hanoï. Photo : VNA
Un enfant découvre avec enthousiasme le métro aérien. Photo : VNA
Une réponse urgente à la dégradation de la qualité de l’air
Ces dernières années, la qualité de l’air à Hanoi s’est régulièrement détériorée, en particulier dans les quartiers centraux marqués par une forte densité de population, un trafic intense et une concentration élevée d’activités économiques et sociales.
Selon les études menées entre 2023 et 2025 par le ministère vietnamien de l’Agriculture et de l’Environnement, les transports seraient responsables d’environ 25 % des émissions de particules fines PM2.5 dans l’ensemble de la ville. Dans les zones urbaines centrales, les émissions directement liées au trafic atteindraient jusqu’à 59 %, tandis que les poussières routières et les activités de construction en représenteraient 28 %.
Une étude quantitative réalisée en 2025 par la Banque asiatique de développement (BAD) dans la zone du périphérique 1 montre que le trafic routier constitue la principale source d’émissions de PM2.5. Les motos et scooters représentent 43,4 % des émissions, les bus 30,7 %, les véhicules utilitaires légers 20,4 % et les voitures particulières de moins de neuf places 5,5 %.
Évaluant l’importance du projet relatif à la "zone à faibles émissions à l’intérieur du périphérique 1 de la ville de Hanoï", la vice-présidente du Conseil populaire municipal, PhAm Thi Thanh Mai, a souligné :
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Le projet de zone à faibles émissions constitue une politique nouvelle et complexe, ayant un impact important sur la vie quotidienne, les activités économiques et l’organisation de l’espace urbain. Il est nécessaire de définir clairement le périmètre, les catégories de véhicules concernées, le calendrier d’application ainsi que les mécanismes de coordination entre les différentes autorités.
Des bus électriques circulent à Hanoï. Photo : VNA
Le périphérique 1 correspond au cœur historique et administratif de la capitale
Cette zone concentre institutions centrales, quartiers résidentiels, sites patrimoniaux, établissements scolaires, hôpitaux ainsi qu’une forte activité commerciale et touristique.
Dans ce contexte, limiter progressivement les véhicules les plus polluants, promouvoir les transports publics et encourager les mobilités propres apparaît comme une nécessité afin d’améliorer la qualité de l’air, protéger la santé publique et soutenir un développement urbain durable.
Cette stratégie s’inscrit également dans les engagements du Vietnam en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation au changement climatique.
Découverte du vélo électrique à Hanoï. Photo : VNA
Afin de concilier impératifs environnementaux, mobilité des habitants et développement économique, les autorités hanoïennes ont prévu une mise en œuvre progressive en trois phases.
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La première phase (prévue du 1er juillet au 31 décembre 2026)
Des visiteurs découvrent les voiturettes électriques autour du lac Hoan Kiem. Photo : VNA
Elle concernera une zone pilote située dans le quartier de Hoan Kiem. Ce périmètre central couvrira environ 0,5 km² et sera délimité par onze rues emblématiques, dont Trang Tien, Hang Khay, Hang Dao ou encore Ly Thai To. Quelque 20 000 habitants seront directement concernés. Une "zone tampon" de 1,65 km² sera également créée autour du Vieux Quartier.
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La deuxième phase (prévue du 1er janvier au 31 décembre 2027)
Balade à vélo autour du lac Hoan Kiem (Hanoï). Photo : VNA
Elle étendra l’expérimentation aux quartiers de Hoan Kiem et de Cua Nam. La superficie concernée atteindra alors 3,6 km² avec 136 947 habitants touchés par les nouvelles mesures.
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La troisième phase (prévue du 1er janvier 2028 au 31 décembre 2029)
Des touristes découvrent le Vieux quartier de Hanoï à bord d’un cyclo-pousse. Photo : VNA
Elle verra l’extension de la zone à faibles émissions à l’ensemble du périphérique 1, soit une superficie de 26,07 km² regroupant environ 625 000 habitants répartis dans neuf quartiers.
Garantir la faisabilité de la transition dans la pratique
Pour atteindre les objectifs fixés, Hanoï ne compte pas uniquement sur des restrictions administratives visant les véhicules individuels. La ville prévoit également de développer les infrastructures de transport vert, les systèmes de surveillance intelligents ainsi que des politiques de soutien financier destinées aux habitants et aux entreprises.
Afin d’assurer le contrôle des mesures, la ville prévoit d’installer 22 caméras intelligentes de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) aux principaux points d’accès de la zone pilote dès juin 2026.
Les installations sont concentrées aux carrefours strategiques de la capitale, notamment aux intersections de Ly Thai To–Trang Tien, Nguyen Huu Huan–Lo Su, Ma May–Hang Bac, Hang Dao–Hang Bac ou encore Le Thai To–Dinh Tien Hoang, etc.
Ces systèmes permettront une détection automatisée et transparente des infractions.
Parallèlement au renforcement des normes, la ville accorde une attention particulière à la préparation des infrastructures de stationnement et des infrastructures de transport vert.
Hanoï renforce l’utilisation de cameras dotees d’intelligence artificielle afin de traiter de maniere transparente les infractions routieres. Photo : VNA
La ville élaborera une résolution définissant des politiques et des mesures de soutien à la transition vers des moyens de transport utilisant des énergies propres sur son territoire, ainsi que des mécanismes d’encouragement destinés aux entreprises investissant dans les stations et bornes de recharge électrique ou encore les points d’échange de batteries.
Station de recharge pour véhicules électriques Vinfast. Photo: VNA
Les résultats d’une consultation menée auprès des habitants et entreprises installés dans les zones concernées montrent une tendance claire : la majorité soutient le projet, considéré comme nécessaire pour améliorer la qualité de l’air, tout en demandant un calendrier réaliste et des mécanismes d’accompagnement adaptés.
Dans le Vieux Quartier et autour du lac Hoan Kiem, de nombreux habitants expriment leur soutien. Nguyen Thi Lan, résidente de la rue Hang Bac, estime que personne ne souhaite vivre dans un environnement pollué et juge indispensable la réduction des émissions. Elle souligne toutefois que les déplacements quotidiens restent largement dépendants des motos. Selon elle, limiter les véhicules individuels sans disposer de transports publics suffisamment efficaces, notamment le soir et le week-end, risquerait de perturber fortement la vie quotidienne.
Le cyclo-pousse, les autobus à impériale et les voiturettes électriques figurent parmi les moyens de transport préférés des touristes internationaux lors de leur visite à Hanoï. Photo : VNA
Certaines inquiétudes concernent également la sécurité des véhicules électriques, notamment après plusieurs incendies liés à des batteries. Le Thu Hanh, commerçante dans le quartier de Hang Non, explique que sa famille soutient pleinement la transition vers des véhicules électriques, mais demeure préoccupée par les risques d’incendie dans les maisons étroites du Vieux Quartier.
Elle estime que la ville doit rapidement définir des normes strictes concernant les batteries, les stations de recharge et les parkings adaptés aux spécificités urbaines des anciens quartiers.
Les travailleurs indépendants expriment également leurs préoccupations. Tran Van Hung, habitant du quartier de Hai Ba Trung, considère que la transition vers les véhicules électriques représente un investissement considérable pour les personnes dépendant quotidiennement de leur véhicule. Selon lui, des aides financières plus importantes et des prêts préférentiels encourageraient davantage la population à adhérer au projet.
Les entreprises locales reconnaissent elles aussi les bénéfices potentiels des zones à faibles émissions, notamment pour l’image de la ville et le développement touristique. Cependant, elles redoutent les coûts de transition.
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Le remplacement des véhicules ou leur mise aux normes représente une charge financière considérable pour les petites entreprises.
Le Minh Tuan, représentant d’une petite entreprise de transport du Vieux Quartier
Production de véhicules électriques à Hanoï. Photo : VNA
Dans le secteur des services et de l’hôtellerie, les préoccupations portent principalement sur la circulation des clients et des marchandises. Pham Thu Ha, propriétaire d’un établissement d’hébergement près du lac Hoan Kiem, estime que cette politique renforcera l’image écologique de Hanoi auprès des touristes internationaux. Elle craint toutefois que des restrictions trop strictes sur les véhicules individuels compliquent les déplacements des visiteurs ainsi que l’approvisionnement des commerces. Elle souhaite que la ville mette en place une organisation du trafic suffisamment souple pour concilier réduction des émissions et continuité des activités économiques.
Espaces verts au lac Hoan Kiem (Hanoï). Photo: VNAL’espace piétonnier autour du lac Hoan Kiem, à Hanoï, est un lieu très apprécié des habitants comme des touristes internationaux. Photo : VNA
Ces réactions montrent que le consensus social autour de la réduction des émissions existe bel et bien, mais qu’il doit s’accompagner de politiques souples, progressives et adaptées aux réalités locales. Le développement simultané des transports publics, des infrastructures de recharge, des aides financières et d’un calendrier clair sera déterminant pour garantir le succès du projet.
Grâce à une combinaison entre volonté politique, planification scientifique et politiques de soutien adaptées, le projet de zone à faibles émissions du périphérique 1 devrait constituer un tournant majeur pour la capitale vietnamienne. D’ici 2030, Hanoï ambitionne de réduire d’environ 30 % ses émissions de CO et de NO2, ainsi que de 20 % ses émissions directes de particules PM2.5 liées au trafic routier dans cette zone, afin d’abaisser la concentration annuelle moyenne de PM2.5 sous le seuil de 40 µg/m³. Il s’agit d’un engagement fort de la capitale en faveur de la protection de la santé publique et de la construction d’un espace urbain plus vivable, vert, propre et durable, contribuant ainsi aux efforts nationaux de lutte contre le changement climatique mondial./.
Hanoï ambitionne de devenir une capitale intelligente, propre et durable. Vidéo : VNA
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