Les IDE, un levier stratégique pour renforcer l’autonomie économique du Vietnam
VNA•21/07/2026 10:23
La Résolution n°10-NQ/TW de 2026 du Bureau politique sur le développement du secteur économique à capitaux étrangers affirme que celui-ci constitue « une composante importante de l'économie nationale » et « un moteur essentiel de la croissance économique et de l'intégration internationale ».
L’une des principales innovations de cette résolution réside dans son orientation stratégique : passer d’une logique principalement fondée sur l’attraction des capitaux à une approche axée sur la construction d’une plateforme nationale d’investissement stratégique. Désormais, la qualité et l’efficacité des investissements, le transfert de technologies, l’intégration aux chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi que la création de valeur ajoutée deviennent les critères essentiels guidant l’attraction, la gestion et l’utilisation des investissements étrangers.
Le secteur de l'investissement étranger constitue l'un des principaux moteurs de la croissance économique et de l'intégration internationale du Vietnam. Photo : VNA
Technologie, développement vert et renforcement de l'autonomie économique
Pour la docteure Pham Bich Ngoc, cheffe adjointe du Département de l'économie microéconomique et du développement des entreprises à l'Institut de l'économie mondiale et du Vietnam relevant de l'Académie vietnamienne des sciences sociales, la Résolution n°10-NQ/TW marque un tournant majeur dans la conception du développement du secteur à capitaux étrangers. Alors qu'autrefois les investissements directs étrangers (IDE) étaient avant tout considérés comme une source complémentaire de capitaux, la nouvelle approche met désormais l'accent sur leur qualité, leur efficacité et leur capacité à générer des retombées durables pour l'économie nationale.
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La Résolution n°10-NQ/TW marque un tournant majeur dans la conception du développement du secteur à capitaux étrangers
La docteure Pham Bich Ngoc, cheffe adjointe du Département de l'économie microéconomique et du développement des entreprises à l'Institut de l'économie mondiale et du Vietnam relevant de l'Académie vietnamienne des sciences sociales
Selon elle, le secteur des IDE a largement contribué à la croissance, aux exportations et à la création d'emplois au Vietnam. Toutefois, plusieurs limites persistent depuis de nombreuses années, notamment un faible taux de localisation dans certains secteurs, des liens encore insuffisants entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises vietnamiennes, ainsi qu'un transfert de technologies qui demeure en deçà des attentes.
À la lumière de ses travaux de recherche, la spécialiste estime que le Vietnam bénéficie aujourd'hui d'une occasion exceptionnelle, alors que la réorganisation des chaînes mondiales d'investissement continue de s'accélérer. Néanmoins, attirer davantage de projets ne suffira pas à créer une véritable rupture. L'enjeu essentiel réside dans la capacité du pays à apprendre, à absorber les technologies et les savoir-faire, puis à monter en gamme grâce aux investissements étrangers. C'est précisément cette ambition qui distingue la nouvelle stratégie de développement de la simple logique d'attraction des capitaux qui prévalait jusqu'à présent.
Pour Pham Bich Ngoc, l'une des avancées les plus significatives de la Résolution est de placer la technologie, le développement vert et le renforcement de l'autonomie économique au cœur de la politique d'attraction des investissements. Cette orientation traduit bien davantage qu'un simple ajustement des politiques publiques : elle marque une évolution profonde du modèle de croissance. À l'heure où la compétition internationale se joue autour des technologies de pointe, de la transformation numérique, de l'intelligence artificielle et de l'économie verte, le Vietnam ne peut plus fonder sa compétitivité principalement sur une main-d'œuvre à faible coût ou sur des incitations foncières. Désormais, la maîtrise des technologies constitue un facteur déterminant pour intégrer les chaînes de valeur mondiales et répondre aux nouvelles exigences du développement. L'objectif n'est donc plus seulement d'attirer des investisseurs étrangers, mais aussi de mettre à profit ces investissements afin de renforcer les capacités technologiques nationales, de stimuler l'innovation et d'améliorer la compétitivité des entreprises vietnamiennes.
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À ses yeux, le message central de la Résolution n°10 ne consiste pas simplement à attirer davantage d'IDE, mais à permettre aux entreprises vietnamiennes de se développer grâce à leur coopération avec les investisseurs étrangers. Le succès de la politique relative aux IDE ne se mesurera plus uniquement au volume des capitaux enregistrés ou au nombre de projets approuvés, mais aussi au nombre d'entreprises vietnamiennes capables de devenir fournisseurs, partenaires technologiques et acteurs de l'innovation aux côtés des grands groupes internationaux, contribuant ainsi à bâtir une économie fondée sur l'apprentissage, l'innovation et la création de valeur.
La Résolution souligne également que l’un des principaux obstacles demeure la faiblesse des liens entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises nationales. Selon Pham Bich Ngoc, cette situation ne résulte pas uniquement d’un manque de volonté des investisseurs étrangers, mais aussi des écarts de capacités entre les deux secteurs et de l’absence de mécanismes de mise en relation suffisamment efficaces.
Elle estime enfin que l’une des innovations majeures de la Résolution est de placer l’entreprise vietnamienne au centre de la stratégie de développement des IDE. À l’avenir, l’efficacité de cette politique devra être évaluée non seulement à travers les flux d’investissements ou le nombre de projets, mais surtout par le nombre d’entreprises vietnamiennes intégrées plus profondément aux chaînes de valeur mondiales.
Les entreprises nationales disposent d’ambitions et de potentiel ; elles ont surtout besoin d’un meilleur accès aux technologies, aux ressources financières et aux mécanismes d’accompagnement adaptés pour réduire l’écart avec leurs partenaires internationaux. Une fois ces conditions réunies, elles pourront accéder à des segments à plus forte valeur ajoutée, au lieu de rester limitées aux activités d’exécution.
Renforcer les capacités nationales grâce aux investissements étrangers
Pour le docteur Chu Van Lâm, vice-président de l'Association vietnamienne des sciences économiques (relevant de l'Union des associations vietnamiennes des sciences et des techniques), près de quarante années d'ouverture aux investissements étrangers ont permis au Vietnam de mobiliser d'importantes ressources au service du développement, stimulant la croissance, l'expansion de la production et l'intégration à l'économie mondiale. Toutefois, dans le contexte actuel, la véritable question n'est plus de savoir combien de capitaux le pays parvient à attirer, mais quelle part de la valeur créée par ces investissements demeure effectivement au Vietnam.
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Près de quarante années d'ouverture aux investissements étrangers ont permis au Vietnam de mobiliser d'importantes ressources au service du développement, stimulant la croissance, l'expansion de la production et l'intégration à l'économie mondiale.
Le docteur Chu Van Lâm, vice-président de l'Association vietnamienne des sciences économiques relevant de l'Union des associations vietnamiennes des sciences et des techniques Nam
Selon lui, c'est précisément l'une des évolutions majeures introduites par la Résolution n°10-NQ/TW. Alors qu'autrefois l'objectif consistait avant tout à compléter les ressources nécessaires à la croissance, la priorité est désormais donnée à l'amélioration de la qualité de cette croissance, au renforcement de la compétitivité et de l'autonomie de l'économie nationale. Dès lors, le succès de la politique d'attraction des investissements directs étrangers ne saurait être évalué uniquement à l'aune du volume des capitaux enregistrés, du nombre de projets ou des performances à l'exportation. Il doit également se mesurer à la diffusion des technologies, à la capacité des entreprises vietnamiennes à intégrer les chaînes de production ainsi qu'à la valeur ajoutée effectivement créée sur le territoire national.
L’économiste estime que le Vietnam conserve de nombreux atouts dans la compétition internationale pour attirer les investissements. La stabilité politique, une position géoéconomique stratégique, une économie ouverte et un vaste réseau d’accords de libre-échange continuent de renforcer son attractivité auprès des investisseurs étrangers.
Cependant, la concurrence pour attirer les investissements de nouvelle génération a profondément changé. Les grands groupes internationaux accordent désormais autant d’importance à la stabilité des politiques publiques, à la qualité des ressources humaines, aux infrastructures, à l’approvisionnement énergétique, aux services logistiques et au potentiel du marché intérieur qu’aux avantages fiscaux ou fonciers. Dans ce contexte, le Vietnam ne pourra préserver durablement son avantage compétitif s’il continue de s’appuyer principalement sur des incitations à court terme.
Le docteur Chu Van Lâm salue également les orientations de la Résolution concernant le développement du marché des capitaux, l’amélioration du statut du marché boursier vietnamien et la création de centres financiers d’envergure régionale et internationale. Selon lui, ces mesures traduisent la volonté d’aligner progressivement le marché financier vietnamien sur les standards internationaux, tout en renforçant la gouvernance des entreprises, la transparence des marchés et la capacité de mobilisation des ressources au service d’une croissance durable.- VNA
Encouragé à se développer, le secteur des investissements directs étrangers (IDE) apporte une contribution importante au développement socio-économique du Vietnam, à la création d'emplois et à la croissance des exportations. Photo : VNA
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