Selon les prévisions de la banque d’investissement américaine Morgan Stanley, l’économie mondiale de basse altitude pourrait atteindre 9.000 milliards de dollars d’ici à 2050.

Avec un potentiel de marché de plusieurs milliards de dollars, l’économie de basse altitude, portée notamment par les véhicules aériens sans pilote (UAV), est considérée comme un « océan bleu » susceptible de permettre à Da Nang d’accélérer son développement. Toutefois, pour concrétiser ce potentiel, le principal obstacle demeure le cadre juridique, qui doit encore être amélioré.
La Résolution n°57-NQ/TW du Bureau politique, consacrée aux percées en matière de science et de technologie, a ouvert de nouvelles perspectives aux collectivités locales. S’inscrivant dans cette dynamique, le projet de Programme de développement des technologies stratégiques de Da Nang pour la période 2026-2030 fait de l’aérospatiale et des véhicules aériens sans pilote (UAV) l’un de ses axes prioritaires.
Ces technologies constituent le cœur de « l’économie de basse altitude », c’est-à-dire l’écosystème des activités civiles et commerciales réalisées dans un espace aérien situé à moins de 1.000 mètres d’altitude. Cet espace ouvre un large éventail d’applications : transport médical d’urgence, logistique, agriculture intelligente, lutte contre les incendies, gestion de l’ordre urbain, recherche et sauvetage.
Selon les prévisions de la banque d’investissement américaine Morgan Stanley, l’économie mondiale de basse altitude pourrait atteindre 9.000 milliards de dollars d’ici à 2050. Au Vietnam, le Rapport 2025 sur les flux du droit des affaires de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI) estime que ce secteur pourrait représenter 10 milliards de dollars et créer un million d’emplois qualifiés d’ici à 2035.
Source des données : Intervention de Tran Anh Tuan, vice-président de la Vietnam Low-Altitude Economy Alliance - LAEP
La fusion de Da Nang et de Quang Nam a donné naissance à une vaste métropole régionale de plus de trois millions d’habitants, couvrant près de 12.000 km². Cette extension territoriale, qui s’étend des zones maritimes aux régions montagneuses, complique la gestion du territoire, d’autant plus que cette région est régulièrement confrontée aux typhons, aux inondations et aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Le développement d’un écosystème UAV ne constitue pas seulement une opportunité économique, mais aussi un outil flexible et précieux dans les situations d’urgence.

Le delta du Mékong compte actuellement environ 10.000 drones agricoles et 30.000 pilotes, alors que les typhons et les inondations y sont rares. À l’inverse, le Centre du Vietnam manque cruellement de moyens d’intervention reposant sur ces technologies.
Tran Anh Tuan, vice-président de la Vietnam Low-Altitude Economy Alliance (LAEP)
Il a estimé que lorsque les voies de communication sont coupées et que l’accès par voie fluviale est impossible, les drones deviennent des équipements vitaux. Da Nang devrait ainsi tirer parti de sa position pour constituer une force spécialisée d’UAV, capable d’assurer à la fois des services économiques et des missions de recherche et de sauvetage.
Pour y parvenir, la cartographie tridimensionnelle (3D mapping) constitue une étape incontournable. Da Nang a la possibilité de maîtriser progressivement cette technologie et de la tester avant son utilisation dans la pratique.
Pour permettre à l’économie aérienne de véritablement décoller, la technologie devra remplacer les opérations manuelles. Les difficultés liées aux ressources humaines et aux contraintes de temps peuvent être levées grâce aux stations automatiques de décollage et d’atterrissage, une technologie déjà mise en œuvre dans plusieurs pays.


Le docteur Trinh Cong Duy, de l’Université des sciences et technologies de Da Nang, a expliqué que les opérateurs n’avaient désormais plus qu’à programmer les vols. Les drones peuvent décoller automatiquement et effectuer des missions de surveillance urbaine à l’aide de plus de 40 scénarios d’intelligence artificielle permettant de détecter des infractions. Photo: Vietnam+
Le docteur Trinh Cong Duy, de l’Université des sciences et technologies de Da Nang, a expliqué que les opérateurs n’avaient désormais plus qu’à programmer les vols. Les drones peuvent décoller automatiquement et effectuer des missions de surveillance urbaine à l’aide de plus de 40 scénarios d’intelligence artificielle permettant de détecter des infractions. Lorsque leur batterie est faible, ils rejoignent automatiquement la station de recharge la plus proche, où la batterie est remplacée en quelques secondes, contre environ 35 minutes auparavant.
Cette automatisation constitue le fondement d’un réseau fermé de drones capable d’assurer une surveillance continue 24 heures sur 24.
Par ailleurs, Da Nang dispose d’importantes capacités de recherche et développement (R&D) grâce à son parc de haute technologie. Les laboratoires y ont notamment réussi à miniaturiser les contrôleurs de vol, autrefois de la taille d’une table, pour les réduire à celle de deux doigts.
La maîtrise de cette technologie clé pourrait permettre à la ville de devenir un centre d’exportation de conceptions propriétaires d’appareils à forte valeur ajoutée, susceptibles de générer des millions de dollars.
Malgré ces atouts, le principal frein aux investissements internationaux dans le secteur des UAV demeure l’absence, au niveau local, d’un mécanisme souple de « sandbox » permettant des expérimentations réglementées.
Plusieurs experts ont ainsi recommandé que Da Nang sollicite un mécanisme permettant de créer des espaces « sandbox » spécifiques, notamment pour tester des services logistiques transfrontaliers par drones le long du corridor Est-Ouest ou des livraisons sur courte distance le long du littoral et de la rivière Han.




Des experts vietnamiens et étrangers discutent du développement de drones adaptés au terrain et aux conditions climatiques du Vietnam. Photo : Vietnam+
Grâce à l’étendue de son nouveau territoire, Da Nang pourrait également devenir un terrain d’expérimentation idéal pour un système de gestion du trafic des véhicules aériens sans pilote (UTM). La récente création, par le ministère de la Défense, d’une unité spécialisée dans les véhicules aériens sans pilote renforce les arguments en faveur de faire de Da Nang une localité pionnière dans l’expérimentation de l’UTM.
Réaffirmant l’engagement des autorités, Le Thi Thuc, directrice adjointe du Service municipal des sciences et des technologies, a indiqué que l’État entendait jouer un rôle de facilitateur en créant un environnement aussi favorable que possible. Cette orientation se traduit notamment, dans le projet de stratégie technologique, par des politiques de soutien direct, dont un financement annuel de un à deux milliards de dôngs pour la protection de la propriété intellectuelle.
La levée des obstacles aux expérimentations enverrait un signal fort susceptible d’attirer d’importants investissements. L’économie de basse altitude ne pourra véritablement prendre son essor qu’avec un mécanisme lui ouvrant la voie. Avec cette volonté de créer un environnement favorable, Da Nang dispose des bases nécessaires pour concrétiser son ambition de devenir, d’ici à 2030, un centre d’innovation en Asie du Sud-Est./. Vietnam+
