Le Vietnam s’intègre plus profondément dans les chaînes de valeur régionales et mondiales des semi-conducteurs
{VNA}•04/09/2026 08:28
Le Vietnam s’intègre progressivement à l’écosystème mondial des semi-conducteurs, couvrant désormais plusieurs étapes, de la conception, de l’assemblage et du test à la recherche-développement et à la fabrication de puces spécialisées.
Pour le Vietnam, les semi-conducteurs ne constituent pas un secteur entièrement nouveau. L’ambition de maîtriser cette technologie est apparue très tôt parmi les scientifiques et ingénieurs vietnamiens.
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À la fin des années 1970 et au début des années 1980, l’usine Z181, relevant du ministère de la Défense, avait déjà produit les premiers composants semi-conducteurs, diodes et transistors destinés au marché intérieur et à certains marchés d’Europe de l’Est. Depuis, l’industrie vietnamienne des semi-conducteurs a enregistré des avancées significatives.
Selon le ministère des Sciences et des Technologies, le chiffre d’affaires du secteur a dépassé 21 milliards de dollars en 2025. Le secteur a attiré plus de 14 milliards de dollars d’investissements étrangers à travers plus de 240 projets. Le pays compte également une soixantaine d’entreprises de conception de circuits intégrés, plus de 7 000 ingénieurs spécialisés dans la conception de semi-conducteurs et 166 établissements d’enseignement supérieur proposant des formations dans ce domaine et dans des secteurs connexes.
Le Vietnam reste toutefois dépourvu de capacités de fabrication de puces à l’échelle industrielle, tandis que ses infrastructures nationales de recherche et de fabrication pilote demeurent limitées. Après leur conception, les puces doivent faire l’objet d’une fabrication pilote afin de vérifier leur fonctionnement sur silicium, d’identifier d’éventuels défauts liés aux performances, à la consommation énergétique, à la température ou au processus de fabrication, puis d’affiner le produit.
Des instituts de recherche et des entreprises vietnamiens développent des puces à semi-conducteurs. Photo : VNA
À l’heure actuelle, les instituts de recherche et les entreprises vietnamiennes doivent faire appel à des fabricants étrangers, souvent dans le cadre de projets individuels. Cette situation accroît les coûts, allonge les délais de développement et limite la commercialisation des produits. Le coût d’une fabrication pilote peut ainsi atteindre entre 30 000 et 200 000 dollars, pour un délai d’attente de 12 à 24 mois. Selon le professeur associé et docteur Tran Cao Vinh, directeur adjoint de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, les équipes de recherche travaillent encore de manière dispersée, ce qui exige d’importants investissements en temps et en ressources, notamment pour établir des partenariats avec des acteurs étrangers.
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Le professeur associé et docteur Tran Cao Vinh, directeur adjoint de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville
De nombreuses idées de conception, résultats de recherche et produits potentiels issus des instituts, universités, entreprises et start-up vietnamiens rencontrent ainsi des difficultés lorsqu’ils passent au stade de la fabrication pilote. Le coût élevé du tape-out, l’absence d’un mécanisme de coordination centralisé et le manque de dispositifs facilitant l’accès à la fabrication pilote, aux essais et à l’évaluation post-fabrication constituent encore des obstacles majeurs pour la communauté vietnamienne de la conception de circuits intégrés.
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Le pays doit s’attaquer à un problème fondamental : transformer les conceptions de puces en produits réels
Nguyen Khac Lich, directeur de l'Autorité chargée de l'industrie des technologies de l'information du ministère des Sciences et des Technologies
Pour approfondir l’intégration du Vietnam dans la chaîne de valeur mondiale des semi-conducteurs, Nguyen Khac Lich, directeur de l'Autorité chargée de l'industrie des technologies de l'information du ministère des Sciences et des Technologies, estime que le pays doit s’attaquer à un problème fondamental : transformer les conceptions de puces en produits réels. Selon les données de cette autorité, le marché intérieur présente actuellement un besoin d’environ 30 000 puces à fabriquer à titre pilote.
Le Vietnam inscrit les "technologies des puces à semi-conducteurs" et les "puces spécialisées" sur la liste des technologies stratégiques. Photo : VNA
Thời gian qua, Đảng, Nhà nước, Chính phủ đã có nhiều chủ trương, chính sách quan trọng để th
Ces dernières années, le Parti, l’État et le gouvernement vietnamiens ont adopté plusieurs politiques importantes pour soutenir le développement de l’industrie des semi-conducteurs. La Résolution n°57-NQ/TW du Bureau politique, adoptée le 22 décembre 2024, fait des sciences et technologies, de l’innovation et de la transformation numérique des avancées stratégiques. Le 30 avril 2026, le Premier ministre a également publié la Décision n°21/2026/QD-TTg, inscrivant les "technologies des puces semi-conductrices" et les "puces spécialisées" sur la liste des technologies stratégiques. Avec la Stratégie de développement de l’industrie vietnamienne des semi-conducteurs à l’horizon 2030, avec vision à 2050, définie dans la Décision n°1018/QD-TTg, le secteur dispose désormais d’orientations plus claires et d’un cadre politique de plus en plus cohérent.
Le 26 juin, le Centre national de soutien à la fabrication pilote de puces semi-conductrices, relevant de l'Autorité chargée de l'industrie des technologies de l'information du ministère des Sciences et des Technologies, a été officiellement lancé. Il s’agit du premier centre national vietnamien spécialisé dans l’appui à la fabrication pilote de puces. Le centre constitue un maillon nouveau et essentiel de l’écosystème national des semi-conducteurs. Il doit permettre aux projets de dépasser le stade de la conception, de la simulation ou de la recherche en laboratoire pour franchir une étape décisive vers la production de puces réelles, leur test, leur évaluation, leur perfectionnement et, à terme, leur commercialisation.
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Le Centre national de soutien à la fabrication pilote de puces à semi-conducteurs est officiellement lancé. Photo : VNA
Lors de son lancement, le ministre des Sciences et des Technologies, Vu Hai Quan, a souligné que le développement de l’industrie des semi-conducteurs constituait une priorité pour renforcer la compétitivité nationale. Il a estimé que ce secteur, ainsi que les autres technologies de pointe et technologies stratégiques, bénéficiait désormais d’un niveau élevé de soutien et d’incitations. La création du Centre national d’appui à la fabrication pilote illustre la détermination du ministère à transformer les politiques et les textes réglementaires en actions concrètes.
Le ministre des Sciences et des Technologies, Vu Hai Quan. Photo: VNA
Le ministre a toutefois souligné qu’un cadre juridique complet ne constituait qu’une condition nécessaire. Pour permettre à l’industrie vietnamienne des semi-conducteurs de franchir un nouveau cap et de renforcer sa position sur la carte technologique mondiale, trois priorités doivent être traitées : la qualité des ressources humaines, le soutien aux entreprises nationales et le développement de produits de puces stratégiques.
En matière de ressources humaines, les universités et instituts de recherche doivent, parallèlement au renforcement des programmes de coopération et à l’envoi d’enseignants et d’étudiants en formation à l’étranger, élaborer des plans de développement des compétences nationales. L’objectif est de former des ingénieurs maîtrisant non seulement les fondements théoriques, mais aussi les compétences pratiques en conception de circuits intégrés et en processus de fabrication.
Les universités renforcent leur coopération pour former des ressources humaines dans le secteur des semi-conducteurs. Photo : VNA
Pour permettre aux entreprises vietnamiennes de s’intégrer davantage à la chaîne de valeur mondiale, le rôle d’accompagnement de l’État est également essentiel. Au-delà de l’attraction des investissements étrangers, des mécanismes de soutien doivent être mis en place, notamment en faveur des petites et moyennes entreprises disposant de technologies clés mais de ressources financières limitées.
L’État pourrait ainsi investir dans des infrastructures partagées, des centres d’essais et des laboratoires de pointe, tandis que les entreprises devraient définir précisément les étapes de la chaîne de production auxquelles elles souhaitent participer et les conditions nécessaires à leur développement.
Le développement de produits de puces stratégiques "Make in Vietnam", à la fois réalisables et adaptés aux capacités actuelles du pays, sera déterminant pour l’avenir du secteur. Parmi les pistes évoquées figurent les puces d’intelligence artificielle en périphérie (Edge AI), les capteurs intelligents destinés à l’agriculture de haute technologie ou encore les puces spécialisées pour le traitement des données et les transactions en vietnamien.
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Le Vietnam devrait initialement se concentrer sur trois groupes de produits répondant à des besoins réels et correspondant à ses capacités actuelles.
Nguyen Thi Bich Yen, présidente de VSAP Lab
Nguyen Thi Bich Yen, présidente de VSAP Lab et membre du groupe d’experts du Centre national de soutien à la fabrication pilote, estime que le Vietnam devrait initialement se concentrer sur trois groupes de produits répondant à des besoins réels et correspondant à ses capacités actuelles.
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Les puces d’IA en périphérie (Edge AI) et les unités de traitement neuronal (NPU)
Le premier concerne les puces d’IA en périphérie (Edge AI) et les unités de traitement neuronal (NPU) optimisées pour la langue vietnamienne et des applications spécialisées, notamment dans l’administration publique, la santé, l’éducation, les transports et les villes intelligentes.
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Les microcontrôleurs (MCU) et les systèmes sur puce (SoC) destinés à l’Internet des objets (IoT)
Le deuxième porte sur les microcontrôleurs (MCU) et les systèmes sur puce (SoC) destinés à l’Internet des objets (IoT), intégrant des fonctions de sécurité matérielle. Ces produits, reposant sur des technologies déjà largement disponibles et à coût raisonnable, pourraient répondre aux exigences de sécurité des données et d’identification des équipements dans les infrastructures numériques.
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Les chiplets et les technologies d’assemblage avancées
Le troisième axe concerne les chiplets et les technologies d’assemblage avancées. Cette approche consiste à diviser un système complexe en plusieurs petites puces spécialisées, plutôt qu’à fabriquer une seule puce de grande taille.
La construction d’une industrie vietnamienne des semi-conducteurs compétitive ne pourra toutefois reposer sur un seul acteur. Elle nécessite une coopération étroite entre l’État, les entreprises, les instituts de recherche, les universités, les experts vietnamiens et étrangers, les partenaires internationaux, les investisseurs et les start-up innovantes.
Le ministre Vu Hai Quan a affirmé que le ministère des Sciences et des Technologies jouerait un rôle de passerelle entre l’État, les instituts de recherche et universités et les entreprises, afin que les projets de recherche dans le domaine des semi-conducteurs soient mis en œuvre de manière équitable, transparente et efficace. Cette dynamique doit contribuer à concrétiser les objectifs de la Stratégie de développement de l’industrie vietnamienne des semi-conducteurs à l’horizon 2030, avec vision à 2050, et à faire du Vietnam, à l’horizon 2050, l’un des pays de premier plan dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs./.
Le Vietnam ambitionne de figurer parmi les leaders mondiaux des semi-conducteurs d’ici 2050. Photo: VNA
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