Plus d'un demi-siècle après la guerre, le parcours de recherche, de regroupement et d'identification des dépouilles de martyrs se poursuit sans relâche. Chaque trace retrouvée, chaque reste mortel ramené permet à une famille supplémentaire de clore des années d'attente, et à un héros tombé au combat de retrouver son nom et sa terre natale.

Depuis le 15 mars 2026, la Campagne des 500 jours et nuits pour accélérer la recherche, le regroupement et l'identification des dépouilles de martyrs a été déployée à l'échelle nationale, tout en poursuivant ses missions au Laos et au Cambodge. Après près de six mois, au 4 septembre, les forces compétentes ont recherché et regroupé 2 120 dépouilles de martyrs, atteignant environ 30 % de l'objectif de la campagne ; dont 1 096 dépouilles dans le pays, 174 au Laos et 850 au Cambodge.


Cérémonie de remise des dépouilles de 28 soldats volontaires et experts vietnamiens tombés au champs d’honneur au Laos (mai 2026). Photo : VNA



Tây Ninh organise une cérémonie de commémoration et d’inhumation des dépouilles de 173 soldats vietnamiens tombés au Cambodge (juillet 2026). Photo : VNA
Parallèlement, 175 448 tombes de martyrs ont fait l'objet de prélèvements d'échantillons aux fins d'expertise ADN, soit 82,53 % de l'avancement ; plus de 13 803 hectares de terres présentant des risques de mines et d'engins explosifs ont été déminés, contribuant à garantir la sécurité des opérations de recherche.



La vice-Première ministre Pham Thi Thanh Trà inspecte la mise en œuvre de la campagne « 500 jours et nuits » à l’Institut de médecine légale militaire (septembre 2026). Photo : VNA
Après plusieurs décennies, les informations sur un martyr ne subsistent parfois que dans la mémoire de ses compagnons d'armes, le récit de témoins, un toponyme sur un ancien champ de bataille ou quelques rares objets personnels. Dès lors, la recherche des dépouilles de martyrs n'est plus aujourd'hui une simple tâche sur le terrain, mais un processus articulant dossiers, documents historiques, témoignages et prospections scientifiques et technologiques.
Cette méthodologie s'illustre nettement dans la 7e Région militaire. Lors de la mise en œuvre de la campagne, la Région militaire a procédé au réexamen, à la collecte et à la vérification de milliers de sources d'information, tout en concentrant ses effectifs sur les zones ayant connu d'âpres combats. Forte de cette pratique, la Région militaire a défini la devise des « 7 points culminants » : la plus haute détermination politique ; la plus grande urgence ; l'organisation la plus scientifique ; la plus rigoureuse minutie ; la communication la plus globale, influente et profonde ; la coordination la plus étroite ; et la sécurité absolue la plus garantie.



Les forces du génie procèdent à la détection et à la neutralisation des engins et matériaux explosifs dans la zone de recherche et de sondage des restes de soldats tombés au champ d’honneur au parc Lê Thi Riêng. Photo : VNA
Au parc Lê Thi Riêng, à Ho Chi Minh-Ville, les recherches ont été menées en combinant témoignages, archives historiques et technologies de radar à pénétration de sol pour analyser la stratigraphie et délimiter les zones suspectes avant toute excavation. À la fin de la journée du 4 septembre, les forces engagées ont regroupé 571 dépouilles de martyrs, dont 268 ont été découvertes avec des objets personnels ; comprenant 538 cas individuels et 33 cas répartis dans 8 sépultures collectives.


Un flacon en verre enterré avec les restes du soldat Nguyên Van Vuong, contenant un document portant des informations sur son identité, authentifiées par expertise. Photo : VNA
Auparavant, à Quang Tri, une fiole en verre contenant des informations a permis d'identifier un martyr. À Vi Xuyen, dans la province de Tuyen Quang, les récits d'anciens combattants et de témoins ont continué d'aider à circonscrire les sites autrefois théâtres de combats acharnés. Le 4 septembre, le Comité directeur national a directement inspecté les travaux de recherche et de regroupement sur la cote 685, confirmant qu'il s'agit toujours d'un secteur clé de la campagne.
Ces résultats démontrent qu'après des décennies, un souvenir, un fragment d'objet personnel ou une information en apparence minime peut devenir un indice capital. Lorsqu'ils sont reliés aux archives historiques, aux relevés de terrain et aux technologies modernes, ces vestiges que l'on croyait effacés par le temps ouvrent la voie du retour pour les martyrs.

Retrouver les dépouilles ne constitue qu'une étape du parcours. Pour les familles, l'aspiration la plus chère demeure de connaître l'identité de leur proche, son pays d'origine et, après tant d'années, de pouvoir l'accueillir de nouveau.
C'est pourquoi, parallèlement aux recherches, le prélèvement d'échantillons biologiques et l'expertise ADN sont définis comme une mission capitale. Au 4 septembre, les forces compétentes ont effectué des prélèvements sur 175 448 tombes de martyrs ; dont 121 141 tombes remplissaient les conditions requises. 19 des 34 provinces et villes ont achevé cette tâche.


Diên Biên : prélèvement d’échantillons d’ADN au cimetière national des soldats tombés au champ d’honneur A1. Photo : VNA
En parallèle des prélèvements dans les cimetières, les forces fonctionnelles ont collecté des échantillons biologiques auprès de 265 761 proches de martyrs ; 71 102 échantillons ont été analysés et 66 909 ont été synchronisés dans la base de données aux fins de comparaison ADN. Il s'agit d'une source de données essentielle pour identifier les dépouilles encore anonymes.
Dong Nai figure parmi les localités ayant achevé de manière précoce le prélèvement d'échantillons dans l'ensemble de ses 12 cimetières, soit plus de 7 400 tombes, avec plus de 4 mois d'avance sur le calendrier. Pendant ce temps, Ho Chi Minh-Ville s'efforce de finaliser les prélèvements au cours du mois de septembre afin de les transmettre aux services d'expertise ADN.



Dông Nai : prélèvement d’échantillons d’ADN et numérisation des tombes de soldats tombés au champ d’honneur dont l’identité reste inconnue. Photo : VNA
Derrière ces chiffres se cache une course contre le montre. De nombreux témoins directs de la guerre sont aujourd'hui très âgés ; les souvenirs des combats et des lieux d'inhumation de leurs frères d'armes s'estompent progressivement. Ainsi, la collecte d'informations et d'échantillons biologiques revêt non seulement une portée technique, mais constitue également l'ultime moyen de préserver les derniers témoignages de la guerre.
Lorsque la mémoire, les documents historiques et la science technologique se rejoignent, chaque résultat d'expertise exact ouvre une porte supplémentaire pour restituer aux disparus leur nom, leur terre natale et leur famille.

Le parcours de recherche ne s'arrête pas aux anciens champs de bataille nationaux. Des milliers de soldats vietnamiens se sont sacrifiés lors de leurs missions internationales au Laos et au Cambodge, et leur recherche se poursuit sans relâche depuis de nombreuses années.
Actuellement, 32 équipes regroupant 1 559 cadres et combattants accomplissent cette mission de recherche et de regroupement, dont 13 équipes opérant dans le pays et 19 à l'étranger ; soit 8 équipes au Laos et 11 équipes au Cambodge. Sur le total de 2 120 dépouilles regroupées depuis le début de la campagne, 174 l'ont été au Laos et 850 au Cambodge.




Départ des équipes à la recherche des restes de soldats vietnamiens tombés au champ d’honneur au Cambodge durant la saison sèche 2025-2026. Photo : VNA
Le 4 septembre, la 7e Région militaire a organisé le départ des Équipes K pour leurs missions au Cambodge durant la saison sèche 2026-2027, poursuivant le parcours de recherche des enfants du Vietnam tombés et reposant au Cambodge.
Les opérations de recherche sont menées conjointement avec le déminage et la dépollution des engins explosifs dans les zones à haut risque. Au 4 septembre, plus de 13 803 hectares ont été assainis, créant des conditions de sécurité permettant aux forces de continuer d'accéder aux anciens théâtres d'opérations.
Derrière chaque recherche se trouvent des familles qui attendent depuis des décennies. Pour elles, chaque information vérifiée, chaque dépouille retrouvée ou chaque résultat ADN exact représente un moment de retrouvailles unique, bien que ces retrouvailles s’accomplissent dans la douleur du deuil.
C'est pourquoi la Campagne des 500 jours et nuits ne se résume pas à une simple course contre la montre ou à un bilan chiffré de dépouilles regroupées. C'est un parcours de restitution d'identité, de terre natale et de mémoire pour ceux qui sont tombés ; c'est le devoir du présent envers ceux qui ont sacrifié leur jeunesse pour l'indépendance et la liberté de la Patrie.
Chaque pas accompli dans les forêts, sur les collines et les anciens champs de bataille porte en lui une promesse : ne pas laisser les martyrs tomber dans l'oubli. Et lorsqu'une dépouille est découverte, qu'un nom est identifié et qu'une famille peut accueillir les siens, ce parcours apporte une réponse de plus au passé.
Ces pas sans relâche continuent ainsi de se prolonger, jusqu'à ce que davantage d'enfants de la Patrie puissent être ramenés auprès de leurs compagnons d'armes, de leur terre natale et de leur famille. -VNA
