
Ho Chi Minh-Ville ambitionne de devenir, d’ici 2045, l’un des principaux centres de services logistiques et de transbordement international en Asie, tout en développant une ville maritime intelligente et durable.
Selon Bui Minh Thanh, vice-président du Comité populaire municipal, la ville renforcera sa coordination avec les localités voisines, notamment à travers une planification intégrée et des investissements coordonnés dans les infrastructures, afin de développer une économie maritime ainsi que des ports modernes et verts.
La fusion de Binh Duong et de Ba Ria-Vung Tau avec Ho Chi Minh-Ville, associée au renforcement des liens régionaux, crée un espace de développement intégré et complémentaire permettant de mieux exploiter le potentiel de l’économie maritime. Cette nouvelle configuration offre à Ho Chi Minh-Ville quatre avantages stratégiques.

Elle associe la puissance industrielle, les fonctions financières, scientifiques et technologiques de la ville aux atouts des ports en eau profonde et de la logistique dans le Sud-Est, notamment à Ba Ria-Vung Tau et Can Gio.

Le complexe portuaire de Cai Mep-Thi Vai peut accueillir des porte-conteneurs de plus de 200.000 tonnes de port en lourd et dispose de liaisons directes avec l’Europe et l’Amérique du Nord. Une meilleure intégration régionale permettra de renforcer les flux de marchandises et la connexion aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

Elle associe les infrastructures de transport et les infrastructures techniques, la prévention des inondations et l'adaptation au changement climatique.

Enfin, cette approche facilite une gestion environnementale à l’échelle des écosystèmes et des bassins versants, au-delà des frontières administratives. La connectivité entre Can Gio et Ba Ria-Vung Tau contribuera également à préserver la biodiversité et à développer l’offre de tourisme maritime et insulaire.
Sur cette base, Ho Chi Minh-Ville entend concentrer ses efforts sur cinq secteurs prioritaires.

La ville prévoit d’investir dans le port international de transbordement de Can Gio, de moderniser le complexe portuaire de Cai Mep-Thi Vai et de développer les services maritimes, la logistique de la chaîne du froid et les infrastructures d’avitaillement en carburants verts.

La ville développe de projets éoliens en mer et d’infrastructures spécialisées pour l’assemblage et la maintenance des équipements d’énergie renouvelable, dans le respect de l’environnement marin.

Les industries de haute technologie et l’économie numérique maritime, le tourisme maritime et insulaire interrégional, ainsi que la gestion des ressources et la protection de l’environnement.
Selon Bui Minh Thanh, les sciences et technologies, l’innovation et la transition verte seront essentielles pour faire évoluer l’économie maritime vers un modèle davantage axé sur la qualité et la valeur ajoutée.

La ville prévoit notamment de mettre en œuvre un projet pilote de commercialisation des résultats de recherches scientifiques financées par l’État, conformément à la décision n°3053/QD-UBND, avec des mesures incitatives en faveur des experts et scientifiques. Elle poursuivra également son projet de gouvernance urbaine intelligente, conformément à la décision n°4714/QD-UBND.

Une plateforme cartographique numérique intégrant 205 couches de données interconnectées servira notamment à prévenir les risques d’inondation. Un système de caméras de surveillance du trafic contribuera de son côté à optimiser la gestion logistique des ports.
Ho Chi Minh-Ville souhaite aussi créer des espaces d’expérimentation pour les véhicules autonomes et les drones destinés au transport interrégional de marchandises, utiliser la 5G pour la gestion de l’environnement côtier et accélérer la transition verte, les biotechnologies marines et la numérisation des infrastructures.

Le développement de l’économie maritime doit par ailleurs bénéficier à l’ensemble de la région et du pays.
Dans cette optique, la ville veut améliorer les connectivités entre ports maritimes, aéroports, autoroutes et voies navigables, tout en mettant à profit son rôle de centre de l’économie de la connaissance et de la finance internationale pour favoriser le transfert de technologies propres dans les biotechnologies marines, les énergies renouvelables et l’automatisation portuaire.
Son système portuaire et ses services financiers doivent également soutenir le transbordement ainsi que les activités d’import-export de l’ensemble du Sud-Est. La ville entend parallèlement développer des corridors de tourisme maritime et insulaire interrégional et renforcer sa coopération avec les localités des bassins des fleuves Saïgon et Dong Nai et du delta du Mékong dans la gestion de l’eau, la lutte contre l’intrusion saline, le partage des données de surveillance et l’adaptation au changement climatique.
Grâce au partage des infrastructures, des données, des technologies et des marchés, Ho Chi Minh-Ville entend ainsi renforcer la compétitivité du Sud-Est, du delta du Mékong et, plus largement, du Vietnam dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Pour devenir l’un des principaux centres de services logistiques et de transbordement international en Asie, Ho Chi Minh-Ville doit encore lever plusieurs obstacles.
Les liens entre production, logistique, finance et recherche scientifique restent insuffisants, tandis que les mécanismes de coordination régionale et la cohérence entre les différentes planifications doivent être améliorés.

Les infrastructures présentent également plusieurs lacunes : absence de liaison ferroviaire directe avec les ports, connectivités autoroutières interrégionales encore incomplètes, difficultés de libération des terrains et manque d’espaces pour les activités logistiques et le stockage des conteneurs. À cela s’ajoutent des besoins d’investissement considérables pour des infrastructures dont la rentabilité s’inscrit dans le long terme.
La ville est en outre de plus en plus exposée au changement climatique, à l’élévation du niveau de la mer et à l’affaissement des sols. Les données spécialisées restent dispersées entre plusieurs organismes et insuffisamment interconnectées, ce qui limite l’efficacité de la gestion et de la planification.
Pour lever ces obstacles, Ho Chi Minh-Ville a proposé au gouvernement et aux ministères concernés plusieurs groupes de solutions.

Elle préconise notamment de concrétiser rapidement les dispositions prévues par les décisions n°1061/QD-BXD et 1062/QD-BXD du ministère de la Construction, d’établir un mécanisme pour la zone de libre-échange et de poursuivre la décentralisation conformément aux résolutions n°98/2023/QH15 et 260/2025/QH15.

La ville souhaite également mobiliser davantage de ressources et mettre en place des mécanismes spécifiques pour accélérer les liaisons entre ports, voies ferrées et autoroutes et améliorer les voies navigables intérieures. Elle propose parallèlement de renforcer l’attraction des capitaux privés, notamment à travers des partenariats public-privé (PPP) pour les infrastructures communes.
Elle préconise aussi la création d’une base nationale de données partagée et interconnectée sur les ports, la logistique, les ressources naturelles et l’environnement, ainsi que l’amélioration du cadre juridique, des mécanismes de coordination et des politiques d’investissement pour les projets d’énergies renouvelables, les réseaux de transport d’électricité et les ports spécialisés.
À l’horizon 2045, Ho Chi Minh-Ville vise deux grandes ambitions.

La première est de s’imposer comme l’un des principaux centres asiatiques de services logistiques et de transbordement international, en créant davantage de valeur ajoutée grâce aux services logistiques, à la finance maritime et aux industries connexes.

La seconde est de construire une ville moderne et résiliente face au changement climatique, reliant harmonieusement les axes fluviaux des fleuves Saïgon et Dong Nai à la façade maritime de Can Gio, tout en conciliant développement économique, protection de la nature et qualité de vie.
Pour concrétiser cette vision, la ville appelle les entreprises à investir dans les ports et la logistique verts, les énergies renouvelables offshore et les industries maritimes connexes. Elle s’engage en retour à offrir un climat d’investissement transparent et favorable au développement durable.
Les habitants sont également appelés à contribuer à la protection des berges, de la mangrove de Can Gio et de la biodiversité, ainsi qu’à la réduction des déchets plastiques, afin de construire ensemble une ville maritime durable et riche de son identité. -VNA
