Le fleuve Rouge, axe paysager écologique et culturel majeur de la capitale
LongForm - Ngày đăng : 09:41, 07/10/2026
Autrefois cantonné au rôle de bouclier contre les crues et de frontière naturelle entre les différentes zones urbaines, le fleuve Rouge est désormais repositionné par Hanoï comme un axe stratégique au cœur de la Planification globale de la capitale, projeté sur une vision séculaire.
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Le fleuve Rouge, axe paysager écologique et culturel majeur de la capitale
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Autrefois cantonné au rôle de bouclier contre les crues et de frontière naturelle entre les différentes zones urbaines, le fleuve Rouge est désormais repositionné par Hanoï comme un axe stratégique au cœur de la Planification globale de la capitale, projeté sur une vision séculaire.
Fort de plus de 120 ans d’histoire, le pont Long Biên est un patrimoine culturel qui se distingue non seulement par son architecture ancienne, fruit des échanges culturels entre le Vietnam et l’Occident, mais aussi par sa valeur de « témoin de l’histoire ». Il est ainsi devenu l’un des symboles de la capitale et une source de fierté pour les Hanoïens. (Photo : VNA)
L'aménagement de ses deux rives articulera la sécurité hydraulique, la préservation des écosystèmes, la valorisation du patrimoine culturel, la restructuration urbaine et l'extension des espaces publics. Cette démarche marque une évolution majeure dans la pensée urbanistique, replaçant le fleuve au centre de l'architecture de développement de Thang Long - Hanoï.
Faire du fleuve le cœur de la ville
Le fleuve Rouge a façonné les terres de Thang Long et nourri la vie des habitants de Hanoï au fil des siècles. Le long de ses deux rives se déploient un ensemble de villages anciens, de villages de métiers traditionnels, de vestiges historiques, de points d’eau, de bancs de sable et de couches culturelles liées à la formation et au développement de l’ancienne capitale. Toutefois, la complexité des variations du cours du fleuve et les exigences liées à la prévention et à la lutte contre les crues ont longtemps conduit Hanoï à se développer principalement « dos au fleuve ». La digue protégeant la ville a, dans le même temps, créé une distance entre l’espace urbain et le cours d’eau.
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Vidéo : Le fleuve Rouge, axe paysager écologique et culturel majeur de la capitale (Source : VNA)
L’espace riverain n’a ainsi pas encore été valorisé à la mesure de sa position et de sa valeur intrinsèque. Dans de nombreuses zones situées sur les berges, les infrastructures restent insuffisantes et les paysages n’ont pas fait l’objet d’un aménagement cohérent ; les conditions de vie d’une partie de la population demeurent difficiles. Les valeurs écologiques, culturelles et paysagères du fleuve n’ont pas encore été pleinement transformées en ressources au service du développement.
La Planification globale de, avec une vision à 100 ans, ouvre une nouvelle approche en faisant du fleuve Rouge l’axe paysager, écologique et culturel majeur de la capitale, reliant Hanoï à la Région de la capitale, au delta du fleuve Rouge ainsi qu’aux régions de moyenne montagne et montagneuses du Nord. La zone située de part et d’autre du fleuve Rouge, dont la superficie indicative est d’environ 11.000 hectares, est définie comme un espace paysager, de services, financier et culturel majeur de la ville.
Vue d’ensemble du projet d’axe paysager le long du fleuve Rouge, dans la ville de Hanoï. Photo : VNA
L’architecte Trân Ngoc Chinh, président de l’Association vietnamienne de planification et de développement urbains et ancien vice-ministre de la Construction. Photo: VNA
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La principale différence de cette planification globale réside dans le fait que le fleuve Rouge est désormais élevé au rang d’axe stratégique. Celui-ci reliera les espaces architecturaux, économiques et urbains des deux rives, créant les conditions nécessaires à la mise en place d’un réseau de parcs, d’espaces verts, de plans d’eau ainsi que de lieux de loisirs et de détente au service de la population.
Selon l’architecte Trân Ngoc Chinh, plusieurs projets antérieurs avaient déjà évoqué la nécessité d’orienter la ville vers le fleuve Rouge, sans toutefois parvenir à produire une transformation suffisamment nette. Cette fois, le fleuve est envisagé dans une structure plus large : il doit à la fois assurer sa fonction d’évacuation des crues, relier les différents pôles de développement, étendre l’espace urbain vers le Nord et créer un nouveau centre paysager pour la capitale.
Cette évolution redéfinit également les relations entre le centre historique situé sur les rives du fleuve Rouge, l’espace de Cổ Loa et les zones de développement du Nord. À mesure que le réseau de ponts et les axes de circulation seront achevés, les deux rives du fleuve ne constitueront plus des espaces séparés, mais formeront un ensemble urbain cohérent. Le fleuve, autrefois situé « à l’arrière » de la ville, pourrait devenir sa façade paysagère, un lieu de convergence des activités culturelles, des services, du tourisme et des échanges au sein de la communauté.
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Il s’agit d’une occasion de façonner un nouveau visage architectural pour Hanoï au 21e siècle. La valeur du projet ne réside pas uniquement dans la création d’une grande artère de circulation, mais dans sa capacité à établir un vaste axe paysager intégrant l’écosystème riverain, des parcs, des jardins fleuris, des places ainsi que des ouvrages architecturaux à caractère emblématique.
L’architecte Pham Thanh Tung, de l’Association des architectes du Vietna
Cette approche permet de distinguer clairement les zones nécessitant une protection stricte, celles pouvant faire l’objet d’une exploitation souple et celles susceptibles d’accueillir le développement urbain. Les zones riveraines ne doivent pas être considérées comme des réserves foncières destinées à une future construction, mais comme une composante essentielle du système écologique et de l’espace d’évacuation des crues. Les ouvrages qui y seront implantés devront respecter les caractéristiques du cours du fleuve, pouvoir s’adapter aux variations saisonnières et éviter de former des bandes continues de béton séparant la ville de l’eau.
La permanence du Comité du Parti de Hanoï considère le projet d’investissement dans l’axe du l’avenue paysager du fleuve Rouge comme particulièrement important et stratégique pour le développement de la capitale. Il ne s’agit pas seulement de planifier un projet spécifique, mais également d’orienter la restructuration et le développement de l’espace fluvial du fleuve Rouge, afin de créer de nouvelles impulsions pour le développement urbain, les services, la culture, le tourisme, la finance, l’innovation et l’amélioration de la qualité de vie de la population.
Préserver le corridor d’évacuation des crues, sauvegarder le fil vivant de la culture
La plus grande valeur de l’axe du fleuve Rouge réside avant tout dans son paysage naturel et dans sa capacité à assurer les équilibres écologiques. Alors que Hanoï doit faire face aux pressions de l’urbanisation, au manque d’espaces verts, à la pollution environnementale et à des évolutions météorologiques de plus en plus imprévisibles. Les bancs de sable, les zones humides et les corridors végétalisés jouent ainsi le rôle d’une importante zone tampon.
La plaine alluviale du fleuve Rouge joue un rôle important dans le couloir d’évacuation des crues de la capitale. Photo: VNALa plaine alluviale du fleuve Rouge joue un rôle important dans le couloir d’évacuation des crues de la capitale. Photo: VNALa plaine alluviale du fleuve Rouge joue un rôle important dans le couloir d’évacuation des crues de la capitale. Photo: VNALa plaine alluviale du fleuve Rouge joue un rôle important dans le couloir d’évacuation des crues de la capitale. Photo: VNALa plaine alluviale du fleuve Rouge joue un rôle important dans le couloir d’évacuation des crues de la capitale. Photo: VNA
La zone riveraine du fleuve Rouge joue un rôle important dans le corridor d’évacuation des crues de la capitale. Photo: VNA
C’est pourquoi l’orientation du développement du fleuve Rouge doit d’abord répondre à l’exigence de garantir la sécurité en matière de prévention et de lutte contre les crues. La permanence du Comité du Parti de Hanoï demande de réexaminer la planification dans le cadre de l’ensemble de l’espace du fleuve Rouge et de ses impacts interrégionaux, et de clarifier les questions relatives à l’hydrologie, à la géologie, aux altitudes du terrain, à l’évacuation des crues, au dragage du cours du fleuve ainsi qu’aux solutions de régulation du niveau de l’eau.…
Toute organisation de l’espace doit garantir de manière absolue la sécurité en matière de prévention et de lutte contre les crues et la stabilité du système de digues, sans réduire les corridors et les espaces d’évacuation des crues déjà approuvés par les autorités compétentes. Les infrastructures, les parcs, les espaces verts, les ports, les transports fluviaux et les différentes zones fonctionnelles doivent être conçus sur la base de données scientifiques et de réalités concrètes, en tenant compte de l’adaptation au changement climatique et en garantissant un fonctionnement sûr et durable sur le long terme.
Cette exigence montre que le développement des espaces riverains ne signifie pas une exploitation maximale des terres à des fins de construction. Les experts en planification insistent sur le principe consistant à « composer avec la nature », en respectant la topographie, la géomorphologie ainsi que les mécanismes d’accumulation et d’érosion du fleuve. La structure « fleuve – bancs alluviaux – ville » doit être préservée : le lit du fleuve doit garantir l’écoulement des eaux ; les bancs de sable doivent constituer des espaces écologiques, capables d’absorber l’eau et d’accueillir des activités flexibles ; les zones urbaines doivent se développer dans des limites maîtrisées et adaptées aux conditions hydrologiques.
Lorsqu’ils sont aménagés de manière appropriée, les îles fluviales et les espaces riverains peuvent accueillir des parcs écologiques, des promenades, des pistes cyclables, des espaces sportifs de plein air et des lieux de vie communautaire. Les habitants pourront ainsi accéder plus facilement au fleuve, tandis que la ville pourra étendre son réseau d’espaces verts et de plans d’eau et améliorer son microclimat.
Au-delà de sa valeur écologique, le fleuve Rouge constitue également un « musée vivant » de Thang Long – Hanoï. Le long de ses deux rives subsistent des villages de métiers traditionnels, des sites historiques, des fêtes, des lieux de culte et des modes de vie communautaires façonnés au fil des générations. Bát Tràng, les zones alluviales riveraines, les anciens points d’eau et les espaces agricoles traditionnels composent une identité particulière qu’aucun nouveau quartier urbain ne saurait remplacer.
Le long de ses deux rives subsistent des villages de métiers traditionnels, des sites historiques, des fêtes, des lieux de culte et des modes de vie communautaires façonnés au fil des générations. Photo: VNA
Le long du fleuve Rouge, un espace riche en valeurs culturelles et historiques, intimement lié à la vie et aux moyens de subsistance des habitants de Thang Long – Hanoï. Photo: VNA
La réhabilitation de l’espace du fleuve Rouge doit donc aller de pair avec un examen, une identification et une protection de chacune des strates du patrimoine. Il s’agit d’une condition essentielle pour que la modernisation n’efface pas les traces laissées par le fleuve au fil du temps. Plutôt que de construire une bande urbaine uniforme, la planification doit préserver la structure des villages et des quartiers, les points de vue sur le fleuve, les espaces dédiés aux fêtes, les métiers traditionnels et la mémoire collective. Le réseau patrimonial pourrait être relié par des itinéraires touristiques fluviaux, des parcours de découverte culturelle et des espaces de création, transformant ainsi la valeur culturelle en ressource pour le développement tout en préservant son authenticité.
L’architecte Pham Thanh Tung estime que le nouveau visage du fleuve Rouge doit être façonné à partir de son propre écosystème et de son histoire. Les nouvelles constructions doivent constituer des éléments marquants sans dominer le paysage, masquer le patrimoine ni rompre le lien entre les communautés riveraines et le plan d’eau. Chaque secteur doit bénéficier d’une solution adaptée à ses caractéristiques, en évitant d’appliquer un même modèle architectural à l’ensemble du parcours.
Si les principes relatifs à la sécurité de l’évacuation des crues, à la préservation du patrimoine culturel, à la transparence de la planification et à la garantie des moyens de subsistance sont effectivement mis en œuvre, le fleuve Rouge deviendra un vaste espace public de Hanoï, reliant ses deux rives et ses différents pôles de développement. Le fleuve qui a autrefois façonné Thang Long continuera alors de jouer son rôle de force créatrice, devenant l’axe paysager écologique et culturel majeur et le nouveau symbole du développement de la capitale dans la nouvelle ère, celle de l’essor de la nation./.
Le pont Nhat Tan, dont la construction a débuté en 2009 et s’est achevée en 2015, est le plus long pont de Hanoï enjambant le fleuve Rouge. Photo: VNA