Le tourisme, un nouveau levier pour les villages de métiers
LongForm - Ngày đăng : 17:19, 24/09/2026
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Le tourisme, un nouveau levier pour les villages de métiers
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Des visiteurs découvrent des maquettes de sites emblématiques du monde au Musée du village de poterie de Thanh Hà, à Hôi An. Photo : VNA.
Les plus de 5.400 villages de métiers et villages où sont pratiqués des métiers traditionnels constituent une ressource abondante et riche en identité culturelle pour le tourisme vietnamien, alors que les attentes des voyageurs évoluent progressivement, de la simple découverte et du shopping vers l’exploration de la vie locale.
Cependant, l’augmentation du nombre de visiteurs ou du nombre de destinations intégrées aux circuits ne constitue qu’une première étape. Le tourisme lié aux villages de métiers ne peut s’inscrire dans la durée que lorsque les artisans qui perpétuent ces métiers en tirent des bénéfices et contribuent à insuffler une nouvelle vitalité aux lieux mêmes où ces savoir-faire ont vu le jour.
Produits touristiques issus des villages de métiers
À leur arrivée au village de potiers de Bat Tràng, de nombreux visiteurs souhaitent se glisser dans la peau d’un artisan : s’installer devant le tour, façonner eux-mêmes un objet, observer la préparation de l’argile et l’émaillage, tout en découvrant les différentes étapes de fabrication de la céramique.
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Chaque atelier artisanal, chaque maison ancienne conserve des valeurs culturelles transmises avec persévérance de génération en génération
Pham Bich Trâm, originaire du quartier de Hôi An, à Dà Nang
Participant au circuit « Bat Tràng – Le feu des métiers et le patrimoine », Pham Bich Trâm, originaire du quartier de Hôi An, à Dà Nang, raconte : « En parcourant les ruelles pavées de briques, en visitant le vieux village, en passant par les ateliers, en échangeant avec les artisans, en écoutant leurs récits sur le métier et en mettant moi-même la main à l’argile, j’ai pu ressentir plus pleinement la vitalité d’un village de métiers qui existe depuis des centaines d’années. Chaque atelier artisanal, chaque maison ancienne conserve des valeurs culturelles transmises avec persévérance de génération en génération. »
L’expérience sur le terrain montre que l’attrait touristique des villages de métiers réside avant tout dans la possibilité de s’immerger dans la vie culturelle locale.
Des touristes vietnamiens et étrangers participent à des activités au village de poterie de Bat Trang. Photo : VNA
Chaque itinéraire de découverte offre ainsi un regard singulier sur les traditions et les savoir-faire, tout en créant un lien émotionnel entre les visiteurs et ces espaces chargés d’histoire.
Malgré leur important potentiel, la plupart des villages de métiers de Hanoï restent toutefois exploités comme des destinations isolées, encore peu intégrées aux circuits touristiques et aux réseaux de services.
Des touristes étrangers découvrent les produits exposés au stand du village de soie de Vạn Phúc. Photo : VNA
Nguyên Tiên Dat, vice-président de l’Association du tourisme de Hanoï et directeur de l’agence AZA Travel, souligne que les touristes internationaux recherchent aujourd’hui davantage des expériences leur permettant de participer directement aux différentes étapes de la production dans les villages de métiers. Les villages de potiers de Bat Tràng et de soie de Van Phuc répondent relativement bien à cette demande, tandis que de nombreux autres villages restent principalement tournés vers la production et ne disposent pas encore des conditions nécessaires pour accueillir les visiteurs. Les infrastructures demeurent insuffisantes : les parkings et les sanitaires ne répondent pas encore aux besoins, tandis que les espaces dédiés aux expériences et aux achats restent peu diversifiés. Par ailleurs, les producteurs doivent également faire évoluer leur approche, ouvrir davantage leurs portes aux visiteurs et considérer le tourisme comme une voie de développement allant de pair avec la préservation et la valorisation des métiers traditionnels.
Le 27 janvier 2026, Mme Ngo Phuong Ly, épouse du secrétaire général To Lam, et Mme Naly Sisoulith, épouse du secrétaire général et président du Laos, Thongloun Sisoulith, se sont rendues dans la province de Ninh Binh. Photo : VNAChiều 26/3/2025, tại Hà Nội, bà Ngô Phương Ly, Phu nhân Tổng Bí thư Tô Lâm tiếp bà Loo Tze Lui, Phu nhân Thủ tướng Singapore Lawrence Wong và cùng thưởng thức văn hóa nghệ thuật dân gian Việt Nam. Ảnh: TTXVNTối 27/4/2025, tại Trụ sở Trung ương Đảng, bà Ngô Phương Ly, Phu nhân Tổng Bí thư Tô Lâm cùng bà Ishiba Yoshiko, Phu nhân Thủ tướng Nhật Bản Ishiba Shigeru có buổi gặp gỡ và cùng trải nghiệm làm bánh cốm truyền thống. Ảnh: TTXVNSáng 23/4/2026, tại Hà Nội, Phu nhân Tổng Bí thư, Chủ tịch nước Tô Lâm, bà Ngô Phương Ly và Phu nhân Tổng thống Hàn Quốc Lee Jae Myung, bà Kim Hae Kyung tham quan Bảo tàng Dân tộc học Việt Nam. Ảnh: TTXVNSáng 5/9/2026, bà Ngô Phương Ly, Phu nhân Tổng Bí thư, Chủ tịch nước Tô Lâm cùng bà Kyu Kyu Hla, Phu nhân Tổng thống Myanmar Min Aung Hlaing tham quan làng lụa Vạn Phúc, Hà Nội. Ảnh:TTXVN
Afin de développer le tourisme dans les villages de métiers de manière plus professionnelle, Hanoï a mis en place plusieurs mécanismes et politiques. Toutefois, selon plusieurs experts, pour créer des itinéraires diversifiés, prolonger la durée des séjours et accroître la valeur des produits touristiques, la capitale doit poursuivre la planification de circuits, de pôles et d’espaces touristiques interconnectés, en reliant les villages de métiers aux agences de voyage, aux établissements d’hébergement, aux sites historiques, aux espaces créatifs, aux activités artistiques et au réseau gastronomique.
Un artisan du village de chapeaux coniques de Chuông présente son savoir-faire au marché « Kết Duyên Sáng Tạo ». Photo : VNA
Récemment, le développement des villages de métiers en lien avec le tourisme a adopté de nouvelles approches. Dans le cadre du Festival de design créatif de Hanoï 2026, le marché « Rencontres créatives » a réuni artisans, villages de métiers et designers, créant un espace de rencontre entre l’artisanat traditionnel et la création contemporaine.
Toujours en 2026, le secteur touristique de Hanoï a expérimenté un circuit agrotouristique et artisanal intitulé « Empreintes de la céramique ancienne dans le village verdoyant au bord du fleuve Rouge », combinant une initiation à la fabrication de poteries, un repas partagé avec des artisans et la découverte de l’histoire d’un ancien village riverain.
Parallèlement, de nouveaux produits touristiques sont en cours de finalisation et d’expérimentation, notamment des modèles de tourisme communautaire associés à la culture du groupe ethnique Muong à My Duc, ainsi que des circuits consacrés à la découverte du patrimoine et des sites historiques à Ha Mô. Ces initiatives témoignent de l’élargissement progressif du marché touristique autour des villages de métiers, à Hanoï comme dans les autres régions du pays.
Festival culturel de l'ethnie Muong. Photo : VNA
Le potentiel de développement reste considérable. Le 8 mai au soir, à la Cité impériale de Thang Long, Hanoï a célébré l’intégration des villages de métiers de la marqueterie et de la laque de Chuyên My, ainsi que de la sculpture et de la laque de Son Dông, au Réseau des villes créatives de l’artisanat mondial. Cette reconnaissance porte à quatre le nombre de villages de métiers de la capitale membres de ce réseau, après Bat Tràng et Van Phuc, qui l’avaient rejoint en 2024. Avec cette nouvelle distinction, le Vietnam se classe au deuxième rang mondial pour le nombre de villages de métiers membres du réseau, derrière l’Iran.
Dans d’autres localités, les villages de métiers cherchent eux aussi des moyens adaptés de se rapprocher du tourisme. Ainsi, le tissage de brocart du groupe ethnique Thai à Nghê An a été inscrit en 2025 sur la liste du patrimoine culturel immatériel national, parallèlement à la mise en place de zones de production de matières premières et de moyens de subsistance pour les habitants. À Ninh Bình, des sites tels que les métiers de la pierre d’art de Ninh Vân, la céramique de Bô Bat et la broderie de Van Lâm sont progressivement intégrés par un nombre croissant d’agences de voyage à leurs circuits.
Des visiteurs vietnamiens et étrangers découvrent les métiers artisanaux traditionnels. Photo : VNA
La tendance à renforcer les connexions entre les destinations permet de créer des itinéraires plus longs. Parmi les propositions récentes figure notamment un circuit reliant le Nord-Est, selon l’axe Hanoï-Bac Ninh-Thai Nguyên (Tuyên Quang)-Quang Ninh, avec pour points forts la découverte de la sculpture artisanale à Bac Ninh, du thé de Tân Cuong à Thai Nguyên et de la céramique de Dông Triêu à Quảng Ninh. Une telle approche ouvre davantage d’espace aux produits artisanaux, qui deviennent ainsi une composante à part entière de l’expérience de voyage.
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De nombreuses localités manquent encore de produits suffisamment emblématiques, les activités expérientielles restent limitées et les liens avec les agences de voyage sont encore insuffisants.
Hà Thi Vinh, présidente de l’Association de l’artisanat et des villages de métiers de Hanoï
À la fin de 2025, le Vietnam comptait environ 5.400 villages de métiers et villages où sont pratiqués des métiers traditionnels, dont 263 métiers traditionnels et 1 975 villages de métiers officiellement reconnus. Selon Hà Thi Vinh, présidente de l’Association de l’artisanat et des villages de métiers de Hanoï, de nombreuses localités manquent encore de produits suffisamment emblématiques, les activités expérientielles restent limitées et les liens avec les agences de voyage sont encore insuffisants. En l’absence d’expériences suffisamment approfondies et propres à chaque métier, les spécificités de ces savoir-faire risquent facilement de s’estomper, rendant difficile la création d’un attrait durable.
Les villages de métiers et villages artisanaux constituent une ressource abondante et riche en identité culturelle pour le tourisme vietnamien. Photo : VNA
L’augmentation du nombre de visiteurs ne signifie pas nécessairement que les métiers traditionnels ont davantage de possibilités de se développer. Les services touristiques peuvent certes être dynamiques, mais si les artisans les plus qualifiés ne bénéficient que d’une faible part des revenus générés par le tourisme, si les jeunes ne souhaitent pas s’engager durablement dans ces métiers en raison de revenus insuffisants et si les espaces de production se réduisent progressivement, l’animation visible à l’extérieur ne suffit pas à assurer une vitalité durable aux métiers traditionnels.
Le vice-directeur de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, Hà Van Siêu. Photo: VNA
Le vice-directeur de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, Hà Van Siêu, s’est dit préoccupé par le fait qu’à côté des villages déjà devenus des destinations touristiques attrayantes, nombre de métiers traditionnels restent menacés de disparition, tandis que leur authenticité tend progressivement à s’éroder.
La question environnementale constitue également un enjeu majeur. Dans certains villages de métiers, les activités de production génèrent des poussières et des eaux usées, tandis que l’afflux de visiteurs exerce une pression supplémentaire sur les transports et les espaces de vie collectifs. Une destination qui mise sur des expériences écologiques aura ainsi du mal à convaincre si son environnement de production et le cadre de vie de ses habitants ne sont pas eux-mêmes préservés et améliorés.
Le développement durable des villages de métiers ne consiste donc pas nécessairement à attirer un nombre toujours plus important de visiteurs dans un espace limité. La capacité d’accueil du village, la préservation de son environnement et le rythme de vie quotidien de ses habitants doivent être pris en compte dès la conception des produits touristiques.
Créer davantage de valeur pour les villages de métiers
L’enjeu actuel ne consiste plus seulement à réveiller le potentiel des villages de métiers, mais à organiser le tourisme de manière à créer davantage de valeur pour ces communautés, en partant de l’identité propre à chaque lieu. La céramique de Bat Tràng (Hanoï) est différente de celle de Chu Dâu (Haï Phong) ou de Phu Lang (Bac Ninh). De même, les brocarts des Thai se distinguent de ceux des Mường, des Gia Rai ou des Cham par leurs matières premières, leurs couleurs et leurs motifs.
De nombreux experts soulignent qu’au-delà de la formation des habitants aux activités touristiques et de la numérisation des destinations, les guides doivent renforcer leur capacité à « raconter des histoires ». Les technologies telles que les cartes numériques et les codes QR peuvent apporter un soutien, mais l’histoire du métier doit être racontée par ceux qui le connaissent et vivent dans cet environnement.
Il est également nécessaire de renforcer le rôle des communautés au sein de la chaîne de valeur. Concrètement, les artisans peuvent directement guider les visiteurs dans leurs expériences, les producteurs participer à la conception des produits, tandis que les habitants peuvent fournir des services de restauration, d’hébergement et de médiation. Ils doivent également pouvoir faire entendre leur voix et jouer pleinement leur rôle dans la définition de la capacité d’accueil et des modalités d’exploitation touristique de leur territoire.
Des touristes découvrent des villages d'artisans traditionnels. Photo : VNA
Le professeur associé et docteur Pham Trung Luong, ancien directeur adjoint de l’Institut de recherche sur le développement du tourisme du Vietnam, relevant de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, estime que le développement durable du tourisme dans les villages de métiers nécessite une stratégie à long terme, une participation active des communautés et un équilibre entre préservation du patrimoine, intérêts économiques et développement de modèles de tourisme vert.
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Le développement durable du tourisme dans les villages de métiers nécessite une stratégie à long terme, une participation active des communautés et un équilibre entre préservation du patrimoine, intérêts économiques et développement de modèles de tourisme vert.
Le professeur associé et docteur Pham Trung Luong, ancien directeur adjoint de l’Institut de recherche sur le développement du tourisme du Vietnam, relevant de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam
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Lorsque les habitants des villages de métiers deviennent les acteurs du tourisme, le patrimoine culturel est préservé, tout en offrant au tourisme vietnamien la possibilité d’affirmer son identité propre sur le marché international.
Hà Van Siêu, vice-ministre adjoint chargé du Tourisme. Photo: VNA
L’évaluation de l’efficacité du tourisme ne doit toutefois pas se limiter au nombre de visiteurs. La durée des séjours et les dépenses touristiques constituent certes des indicateurs importants, mais, dans les villages de métiers, il convient également de mesurer les revenus des ménages qui exercent leur métier, le nombre de jeunes souhaitant encore apprendre ces savoir-faire, la capacité à transmettre les connaissances entre les générations et le degré de préservation des espaces communautaires.
Les villages de métiers peuvent ainsi devenir un atout distinctif du tourisme vietnamien. Toutefois, l’objectif ne consiste pas à transformer chaque village en destination touristique, mais à adopter une approche adaptée aux caractéristiques, aux ressources et aux capacités de chaque territoire. Lorsque les artisans peuvent vivre de leur métier, que les jeunes souhaitent encore s’y engager et que le village conserve son identité et son rythme de vie, le tourisme peut véritablement devenir un levier de développement durable. -VNA