Identifier les « goulets d’étranglement » des flux de capitaux : des institutions à la capacité d’absorption

LongForm - Ngày đăng : 11:09, 22/07/2026

Sans une identification précise et un traitement efficace de ces blocages, l’objectif d’une croissance à deux chiffres sera difficile à concrétiser, même si les ressources financières dans la société ne manquent pas.
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Identifier les « goulets d’étranglement » des flux de capitaux : des institutions à la capacité d’absorption

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Sans une identification précise et un traitement efficace de ces blocages, l’objectif d’une croissance à deux chiffres sera difficile à concrétiser, même si les ressources financières dans la société ne manquent pas.

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Dans les efforts visant à assurer une croissance forte et durable de l'économie vietnamienne, les flux de capitaux sont considérés comme un levier essentiel pour atteindre les objectifs de développement. Photo: VietnamPlus

Dans les efforts visant à permettre à l’économie vietnamienne d’atteindre une croissance élevée et durable, les flux de capitaux sont considérés comme le « sang nourricier » qui soutiennent les objectifs de développement. Toutefois, ces flux sont actuellement freinés par des « caillots » présents sur trois fronts : le système bancaire, les capacités internes des entreprises et le cadre institutionnel. Sans une identification précise et un traitement efficace de ces blocages, l’objectif d’une croissance à deux chiffres sera difficile à concrétiser, même si les ressources financières dans la société ne manquent pas.

Des capitaux freinés faute de partage des risques

Le crédit bancaire supporte actuellement une charge trop importante, alors que le marché des capitaux (obligations et actions) n’a pas encore pleinement retrouvé la confiance des investisseurs après les turbulences récentes. Cette situation crée un risque de décalage des échéances : près de 80 % des ressources mobilisées par les établissements de crédit sont à court terme, alors que les projets d’infrastructures et de technologies nécessitent principalement des financements à moyen et à long termes.

Dao Minh Tu, membre du Conseil consultatif national sur les politiques financières et monétaires, souligne qu’une trop forte dépendance au crédit bancaire accroît les risques systémiques. Les banques doivent garantir la sécurité de leurs liquidités et ne peuvent donc pas assouplir arbitrairement les conditions d’octroi de crédit. Selon lui, le principal obstacle réside dans l’absence d’un mécanisme clair de partage des risques entre l’État et les banques pour les projets stratégiques.

Par ailleurs, les procédures d’évaluation des dossiers restent encore largement fondées sur les garanties traditionnelles, notamment les actifs immobiliers. Bien que la Banque d’État ait demandé de privilégier une gestion fondée sur les flux de trésorerie et l’évaluation de la solvabilité, les agences bancaires restent prudentes dans la mise en œuvre de cette orientation, par crainte d’une hausse des créances douteuses.

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Les procédures d'évaluation restent largement fondées sur les garanties traditionnelles. Photo: VietnamPlus

Le crédit bancaire supporte actuellement une charge trop importante, alors que le marché des capitaux (obligations et actions) n’a pas encore pleinement retrouvé la confiance des investisseurs après les turbulences récentes.

Du point de vue des banques commerciales, Le Ngoc Lam, directeur général de la Banque d’investissement et de développement du Vietnam (BIDV), présente plusieurs propositions visant à « débloquer » les sources de financement à moyen et long termes. Il propose notamment d’autoriser la vente des créances douteuses au prix du marché, voire à un prix inférieur à leur valeur initiale, à condition que les procédures soient transparentes. Cette mesure est considérée comme urgente afin de libérer les ressources actuellement immobilisées dans les dettes accumulées, permettant aux banques d’assainir leurs bilans et de réorienter rapidement les capitaux vers de nouveaux secteurs, au lieu d’attendre pendant des années l’achèvement des procédures de traitement des actifs.

Un autre obstacle majeur concerne le financement des infrastructures stratégiques. Actuellement, les grands projets dans les domaines de l’énergie ou du pétrole et du gaz menés par EVN ou PVN nécessitent souvent des investissements de plusieurs dizaines de milliers de milliards de dongs, atteignant facilement la limite maximale de crédit accordée à un seul client conformément aux règles de sécurité de la Banque d’État.

Le Ngoc Lam propose donc la mise en place de mécanismes spécifiques permettant d’assouplir cette limite, sur le modèle de la Résolution n°258/2025/QH15, afin de permettre aux principales banques de mobiliser davantage de ressources pour financer les projets nationaux d’envergure. Selon lui, l’assouplissement des plafonds de crédit applicables aux grands groupes moteurs de l’économie contribuerait non seulement à garantir la réalisation dans les délais des projets liés à la sécurité énergétique, mais produirait également un effet d’entraînement en consolidant les infrastructures essentielles, une condition indispensable à la réalisation de l’objectif d’une croissance économique à deux chiffres.

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En raison de leurs besoins de financement, qui se chiffrent souvent à plusieurs dizaines de milliers de milliards de dôngs, les mégaprojets atteignent rapidement le plafond de crédit applicable à un même client en vertu des règles prudentielles de la Banque d'État du Vietnam. Photo: VietnamPlus

Le cadre institutionnel, principal verrou à lever

Du côté des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises (PME), la faiblesse des capacités financières et le manque de transparence constituent les principaux obstacles à l’accès aux capitaux. Après la pandémie et les fluctuations du marché, de nombreuses entreprises ont vu leurs fonds propres s’éroder, ce qui les empêche de répondre aux critères de sécurité financière nécessaires pour obtenir des prêts.

Pham Thi Thanh Tam, vice-directrice du Département des institutions financières du ministère des Finances, estime que l’efficacité d’utilisation des capitaux des entreprises vietnamiennes reste faible. Le coefficient ICOR élevé reflète un niveau technologique et des capacités de gestion encore insuffisants. De nombreuses entreprises fonctionnent toujours selon un modèle « familial », sans états financiers conformes aux normes, ce qui rend les établissements de crédit et les investisseurs internationaux prudents.

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Plus une entreprise est transparente, plus elle attire naturellement les capitaux, sans avoir à les rechercher.. Photo: VietnamPlus

Du côté des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises (PME), la faiblesse des capacités financières et le manque de transparence constituent les principaux obstacles à l’accès aux capitaux.

Même les grandes entreprises rencontrent des difficultés pour mobiliser des financements internationaux en raison du manque d’outils de gestion des risques liés aux taux de change et aux taux d’intérêt. Truong Gia Binh, président du groupe FPT, souligne que les entreprises vietnamiennes doivent elles-mêmes évoluer vers les standards internationaux afin d’améliorer leur productivité et de renforcer la transparence des données, créant ainsi la confiance nécessaire pour attirer des investissements à long terme. Selon lui, lorsque les entreprises gagnent en transparence, les capitaux les suivent naturellement.

Par ailleurs, le principal obstacle, largement évoqué, concerne les barrières institutionnelles, les procédures juridiques et la lenteur dans l’exécution des missions administratives. Bien que les réglementations relatives à l’investissement, au foncier et aux appels d’offres aient connu de nombreuses réformes, des chevauchements persistent, provoquant chez certains responsables publics une crainte de commettre des erreurs et entraînant le ralentissement de nombreux projets d’investissement publics et privés.

Le Premier ministre Le Minh Hung identifie comme cause du retard dans le décaissement des investissements publics le manque de rigueur dans la discipline et la gestion administrative. Il appelle à passer d’une logique de gestion à une logique de création des conditions favorables au développement, tout en réduisant réellement les procédures administratives afin de diminuer les coûts de conformité pour les entreprises. Le phénomène des capitaux en attente de projets, tout comme les projets immobiliers ou d’infrastructures bloqués pendant des années en raison de lourdeurs administratives, immobilise des ressources financières considérables.

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Les capitaux internationaux de capital-risque ne se dirigent pas encore massivement vers le Vietnam. Photo: VietnamPlus

En outre, l’absence de mécanismes d’expérimentation (« sandbox ») pour les nouveaux modèles économiques, tels que les technologies financières (Fintech) et l’économie numérique, empêche les capitaux internationaux à risque de se déployer pleinement au Vietnam. Duong Thanh Tung, vice-directeur général chargé des services de conseil en stratégie, risques et transactions chez Deloitte Southeast Asia (au Vietnam), estime que le problème fondamental ne réside pas dans un « manque de volume de capitaux », mais dans « l’absence d’une structure adaptée pour absorber ces capitaux ». Il explique clairement la différence entre les flux de capitaux internationaux à long terme et ceux à court terme. Les investissements de long terme exigent notamment une capacité à générer des flux de trésorerie durables, indépendants des fluctuations à court terme, ainsi que des perspectives de sortie fiables, telles que les introductions en bourse (IPO) ou les opérations de cession. Selon lui, il s’agit de construire un véritable « système d’exploitation » pour le marché des capitaux, suffisamment profond et fiable, permettant non seulement d’allonger la durée des financements mais aussi d’améliorer la valorisation des entreprises.

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L’absence de mécanismes d’expérimentation (« sandbox ») pour les nouveaux modèles économiques empêche les capitaux internationaux à risque de se déployer pleinement au Vietnam.. Photo: VietnamPlus

L’absence de mécanismes d’expérimentation (« sandbox ») pour les nouveaux modèles économiques, tels que les technologies financières (Fintech) et l’économie numérique, empêche les capitaux internationaux à risque de se déployer pleinement au Vietnam.

"Ce socle » est incarné par le Centre financier international (IFC), qui s’appuie sur un ensemble cohérent de mécanismes institutionnels et un écosystème intégré, offrant un cadre juridique fiable, des mécanismes transparents de règlement des différends et une protection effective des droits et des intérêts des investisseurs grâce à des normes internationales de transparence. Duong Thanh Tung souligne que ce centre ne constitue pas seulement une porte d’entrée pour les capitaux étrangers, mais également un outil permettant d’améliorer la capacité des entreprises vietnamiennes à s’intégrer au marché mondial, créant ainsi les conditions nécessaires pour une absorption efficace des capitaux à long terme au service d’une croissance élevée et durable.

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Les petites et moyennes entreprises disposent de ressources limitées en capitaux et en technologies. Photo: VietnamPlus

Nguyen Van Than, président de l’Association vietnamienne des petites et moyennes entreprises (VINASME), pointe un autre verrou institutionnel de nature systémique : l’absence de mécanismes de coordination entre les différents acteurs économiques. Selon lui, malgré plus d’un million d’entreprises et 5,2 millions de ménages exerçant une activité économique au Vietnam, la coopération entre les « quatre piliers » – les fonctionnaires, les grands groupes, les entreprises à capitaux étrangers (IDE) et les PME – demeure encore très limitée. Le mécanisme par lequel les grands groupes entraînent les petits reste largement théorique et repose davantage sur des relations personnelles que sur un écosystème de coopération doté d’un véritable cadre juridique.

"Nous ne pouvons pas promouvoir une croissance exceptionnelle si les entreprises continuent d’avancer de manière isolée. Pour créer une transformation systémique, le gouvernement doit jouer un rôle de coordinateur et établir des cadres politiques précis afin d’encourager ou d’obliger les grands groupes à soutenir les petites entreprises dans leur participation aux chaînes de valeur », indique-t-il.

L’absence d’un véritable « chef d’orchestre » institutionnel capable de relier les différents segments du tissu entrepreneurial ne fragilise pas seulement les PME en matière de capitaux et de technologies ; elle ralentit également la circulation des ressources dans l’ensemble de l’économie, alors que le pays vise une croissance à deux chiffres. Pour libérer les flux de capitaux, la levée des blocages institutionnels doit donc constituer une priorité absolue. Ce n’est qu’en supprimant les obstacles juridiques, en protégeant l’esprit d’initiative et la prise de risque, et en établissant des normes claires de transparence que les capitaux pourront véritablement devenir un moteur de l’essor du pays dans la nouvelle ère./.

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Pour fluidifier les flux de capitaux, la levée des blocages institutionnels doit constituer une priorité absolue. Photo: VietnamPlus

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