Les enjeux autour de l'objectif de croissance durable à deux chiffres
LongForm - Ngày đăng : 09:53, 22/07/2026
Le Vietnam entre dans une ère de l'essor avec l'objectif d'une croissance à deux chiffres, imposant l'urgence de débloquer les ressources financières nécessaires au développement.
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Les enjeux autour de l'objectif de croissance durable à deux chiffres
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Le Vietnam entre dans une ère de l'essor avec l'objectif d'une croissance à deux chiffres, imposant l'urgence de débloquer les ressources financières nécessaires au développement.
Pour atteindre les objectifs de croissance à deux chiffres fixés pour la période 2026-2030, le Vietnam doit lever les obstacles afin de garantir que les capitaux soient directement investis dans les secteurs manufacturier et commercial. (Photo : Vietnam+)
L’économie vietnamienne est au seuil d’une « Ère de l’essor national », une étape historique charnière pour concrétiser la vision de 2045 : devenir un pays développé à revenu élevé. L’esprit du deuxième Plénum du Parti (14e mandat) a instauré une nouvelle posture : ne plus se contenter d'une simple reprise ou d'une croissance stable, mais viser une percée vigoureuse avec une croissance à deux chiffres pour la période 2026-2030.
Pour atteindre cet objectif de croissance minimale de 10 % par an, les besoins en ressources financières pour l’économie sont jugés colossaux. Selon les calculs du ministère des Finances et des organes de conseil stratégique, l’investissement social total réalisé pour la période 2026-2030 devra atteindre environ 38,5 millions de milliards de dôngs, soit plus du double de la période 2021-2025. Cela signifie que le taux d’investissement par rapport au PIB devra passer de 33 % actuellement à au moins 40 % dans les années à venir. Il s’agit d’une pression extrême sur le système financier national, exigeant une mobilisation totale de toutes les composantes économiques.
La Conclusion n° 18-KL/TW du Comité central du Parti a tracé une feuille de route où la croissance ne repose pas seulement sur la quantité de capital, mais doit aller de pair avec la qualité et l’efficacité de son utilisation. Le Parti exige de réduire le coefficient ICOR (indice d’efficacité de l’utilisation du capital) de la moyenne actuelle de 6,3 à environ 4,5-4,8 pour la période à venir. Cela pose un défi complexe : nous avons besoin de plus de capitaux, mais capitaux doivent générer une valeur ajoutée plus élevée et plus intelligente.
Le secrétaire général et président de la République, To Lam, lors d’une réunion le 20 mai 2026 avec le Comité central des politiques et des stratégies et les organes concernés sur l’évaluation des ressources de développement liées à l’objectif de croissance économique à deux chiffres et à l'établissement d’un nouveau modèle de croissance, a affirmé : « Nous ne pouvons pas emprunter les anciens sentiers avec les anciens moteurs si nous voulons accomplir de nouveaux miracles. Une croissance à deux chiffres ne peut être le résultat de la simple prolongation de l’ancien modèle de croissance. Les capitaux doivent être priorisés pour les moteurs de croissance durable tels que la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique. »
Cependant, la réalité montre des paradoxes stimulants. Le plan de décaissement de l'investissement public pour 2026 prévoit plus d'un million de milliards de dôngs, mais à la mi-avril, il n'atteignait que 12,6 %. Les barrières administratives, les réglementations foncières, les procédures d'appel d'offres et l'hésitation d'une partie des cadres exécutants entravent directement les « vaisseaux sanguins » de l'économie. La pratique exige un basculement fondamental de la pensée de gestion, passant d'un mode de « contrôle » à celui de « facilitation du développement ».
Si l'on ne parvient pas à lever les verrous juridiques et à restaurer la confiance du marché, les méga-projets d'envergure nationale, tels que le chemin de fer à grande vitesse Nord-Sud, l'électronucléaire ou les technologies des semi-conducteurs, manqueront de « carburant » financier pour aboutir.
L’économie vietnamienne est au seuil d’une « Ère de l’essor national », une étape historique charnière pour concrétiser la vision de 2045 : devenir un pays développé à revenu élevé. (Photo : PV/Vietnam+)
« Vaisseaux sanguins » de l’investissement :
Résoudre l'équation du capital pour une croissance de percée
Pour atteindre l’objectif de croissance à deux chiffres durant la période 2026-2030, le Vietnam doit lever les points de blocage afin que les flux de capitaux irriguent réellement le secteur de la production et des affaires.
L'économie vietnamienne se trouve au seuil d'une nouvelle ère — l'ère de l'essor national — avec des objectifs de développement ambitieux. Pour concrétiser cette vision, l'équation du capital impose des exigences monumentales : l'investissement social total pour la période 2026-2030 est estimé à environ 38,5 millions de milliards de dôngs, soit plus du double de la période précédente. La question cruciale est désormais de savoir où se trouve ce capital et comment assurer la circulation fluide de ces vaisseaux sanguins ?
Le paradoxe de « l'excès de capital » alors que les entreprises sont « affamées »
Les flux de crédit bancaire constituent depuis longtemps le principal canal d’approvisionnement financier de l’économie, représentant plus de 50 % de l’investissement social total. Pourtant, une situation paradoxale perdure : la société ne manque pas de fonds et le système bancaire dispose de liquidités abondantes, mais les capitaux ne parviennent pas encore là où ils sont le plus nécessaires, à savoir les entreprises de production. Au début de l'année 2026, l'encours de dette de l'ensemble du secteur atteignait près de 19 millions de milliards de dôngs, soit une hausse de 1,5 % par rapport à la fin de 2025, illustrant les efforts d'approvisionnement du secteur bancaire. Toutefois, la capacité d'absorption des entreprises se heurte à des obstacles majeurs.
Début 2026, l’encours de dette de l’ensemble du secteur atteignait près de 19 millions de milliards de dôngs, soit une hausse de 1,5 % par rapport à la fin de 2025. (Photo : Vietnam+)
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Les flux de crédit bancaire constituent depuis longtemps le principal canal d’approvisionnement financier de l’économie, représentant plus de 50 % de l’investissement social total.
Nguyen Quoc Viet, vice-directeur de l'Institut de recherche économique et politique (VEPR), analyse : « Nous faisons face à un paradoxe où les liquidités du système bancaire ne manquent pas, mais où les entreprises peinent à y accéder en raison d'une capacité financière affaiblie par les fluctuations géopolitiques et les catastrophes naturelles. Le modèle de croissance excessivement dépendant des capitaux d'investissement traditionnels a atteint ses limites. En réalité, le coefficient ICOR dans le secteur public reste élevé, ce qui indique une efficacité encore faible. Cela impose de réorienter les flux vers des secteurs à plus haute valeur ajoutée. »
Le Premier ministre Le Minh Hung, lors d'une séance de travail avec la Banque d'État le 29 avril 2026, a souligné la nécessité de limiter au maximum la thésaurisation et la spéculation sur des actifs ne créant pas de valeur ajoutée. Ce n'est que lorsque les fondamentaux macroéconomiques seront solides et le système juridique sera transparent que les citoyens et les entreprises investiront avec sérénité dans la production. Il s’agit d’un message fort sur la réorientation des capitaux sociaux des canaux spéculatifs vers les canaux de création de développement.
Le projet d’autoroute Quang Ngai - Hoai Nhon, long de 88 km. (Photo : PV/Vietnam+)
Outre le crédit, l'investissement public est attendu comme un « capital d'amorçage » crucial pour stimuler la croissance. Le plan d'allocation pour 2026 s'élève à plus d'un million de milliards de dôngs, un chiffre record portant l'espoir d'une percée dans les infrastructures stratégiques. Cependant, le décaissement effectif demeure une équation complexe. À la mi-avril 2026, le pays n'avait décaissé que 12,6 % du plan fixé par le Premier ministre. Des dizaines de ministères, secteurs et localités affichent des taux inférieurs à la moyenne, certains n'ayant encore décaissé aucun dông.
De plus, la lenteur du décaissement de l'investissement public gaspille non seulement les ressources financières, mais freine directement la dynamique de croissance des secteurs auxiliaires tels que l'acier, le ciment et les services logistiques.
À ce sujet, Le Anh Son, directeur général de la Compagnie générale maritime du Vietnam (VIMC), a partagé que si les projets d'infrastructures portuaires et de transport ne sont pas déployés dans les délais, les coûts logistiques du Vietnam resteront élevés, réduisant la compétitivité des produits vietnamiens sur la scène internationale. Débloquer les capitaux publics ne consiste pas seulement à dépenser de l'argent, mais à ouvrir un nouvel espace de développement pour le pays.
La lenteur du décaissement des capitaux publics gaspille non seulement les ressources financières, mais freine directement la dynamique de croissance des secteurs auxiliaires tels que l’acier, le ciment et les services logistiques. (Photo : Vietnam+)
L’exigence d'une transition vers une croissance durable de qualité
Pour atteindre l'objectif d'une croissance à deux chiffres, nous ne pouvons plus continuer sur l'ancien chemin. Le modèle basé sur une main-d'œuvre bon marché et l'exploitation des ressources naturelles n'est plus appropriés.
L'expert économique Nguyen Minh Phong souligne que le « tableau » des capitaux pour la période à venir sera plus complexe. Le Vietnam doit mobiliser simultanément les ressources étatiques, privées et les investissements directs étrangers (IDE), tout en garantissant l'équilibre entre croissance extensive et intensive. Les capitaux doivent être injectés dans les technologies de base, la transformation numérique et la transition verte.
En pratique, la croissance de l'économie numérique au cours des trois dernières années a atteint environ 20 % par an, révélant un potentiel immense pour les nouveaux modèles économiques. Le défi est de concentrer le crédit et l'investissement social vers les « fleurons » tels que Viettel, FPT, PVN ou TH Group — des entreprises capables de piloter les chaînes de valeur et d'appliquer vigoureusement la science et la technologie.
Les capitaux doivent être injectés dans les technologies de base, la transformation numérique et la transition verte. (Photo : Vietnam+)
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Une croissance à deux chiffres est un défi extrême, mais aussi une opportunité de transformer le visage du pays.
Dans le cadre de la transformation du modèle de croissance, les industries de base, comme la sidérurgie, exigent également des capitaux de qualité, capables de soutenir efficacement leur stratégie de transition écologique. Tran Minh Xuan, vice-directeur général de la Corporation de l'Acier du Vietnam (Vinasteel), explique qu'avec les spécificités d'un secteur à capital fixe très lourd et un retour sur investissement s'étalant sur 7 à 10 ans, les entreprises ne peuvent se contenter de capitaux à court terme. La croissance qualitative dans la sidérurgie est aujourd'hui liée à l'investissement dans des chaînes technologiques modernes comme les fours à arc électrique, visant une faible consommation d'énergie et une réduction des émissions.
Tran Minh Xuan souligne que l'accès au crédit vert et à la finance durable n'est plus un simple critère de forme, mais une orientation stratégique réelle. Un projet d'acier vert permet non seulement d'optimiser les coûts opérationnels, mais constitue aussi un « laissez-passer » pour accéder aux marchés internationaux. Selon le dirigeant de Vinasteel, le déblocage des flux de capitaux à long terme pour les projets respectant des standards ESG (Environnement- Social-Gouvernance) élevés est le moyen de créer une industrie autonome et solide, servant de fondation aux méga-projets d'infrastructures nationales et contribuant concrètement à l'objectif de croissance durable du pays.
Une croissance à deux chiffres est un grand défi, mais aussi une opportunité de transformer la physionomie du pays. Pour y parvenir, le déblocage des ressources financières doit commencer par celui des institutions et de la confiance. Ce n'est que lorsque les barrières seront levées et que des mécanismes d'expérimentation (sandbox) seront ouverts que les capitaux "couleront" réellement, propulsant le « navire » économique national vers la nouvelle ère — l'ère de l'essor national .- Vietnam+
Le déblocage des capitaux doit commencer par celui des institutions et de la confiance. (Photo : Vietnam+)